La saisine du CNOSF est un droit auquel tout licencié ou club affilié a droit. Rien d’étonnant donc qu’au cours d’une saison notre fédération, qui compte plus de 17000 licenciés pour 126 clubs, soit convoquée à plusieurs reprises devant cette instance de conciliation. A chaque fois, les clubs qui ont introduit une action devant cette « justice sportive » contestaient une décision rendue par la fédération qui ne leur était pas favorable. Et si l’étape CNOSF ne suffit pas, certains dirigeants n’hésitent pas à passer à l’étage supérieur en saisissant le Tribunal administratif.
Tel fut le cas de Metz il y a quelques semaines et plus récemment celui de Tours. Dans chacun de ces dossiers, la Fédération a pourtant appliqué stricto sensu les règlements en vigueur votés par l’Assemblée générale des clubs. Et dans les deux cas, le Tribunal administratif, en référé pour le premier et au fond pour le second, a donné raison au club en concluant à l’annulation des décisions rendues à leur encontre par la FFHG.
La question pourrait alors se poser en ces termes : à quoi bon élaborer, faire voter et mettre en application des règlements s’il suffit à un club d’aller en justice pour obtenir gain de cause ?
Nulle intention fédérale ici de contester le fonctionnement de la justice. Les clubs en appellent aux tribunaux, les parties font valoir leurs arguments, les magistrats rendent des décisions en totale indépendance. Ce qui peut étonner en revanche, c’est la totale ignorance que semblent éprouver les juges des conséquences collectives de décisions rendues en faveur d’un club requérant dont il faut bien convenir que seul, il serait bien peu de choses : quelle image, quelle activité, quelles ressources, quelles perspectives pour un club qui voudrait exister en dehors du cadre fédéral et à l’isolement des autres clubs affiliés ?
Le Ministère de la Jeunesse et des Sports a donné délégation à la FFHG pour encourager et développer la pratique du hockey, diriger et réglementer ce sport en France et en défendre les intérêts. Vaste programme qui s’inscrit forcément dans un projet ambitieux, réaliste et durable. L’éphémère n’a guère voix au chapitre.
Oublier le marasme dans lequel était plongé le hockey français serait faire injure au formidable rétablissement opéré par notre sport en moins de dix ans. Le chemin ne fut pas sans embuches. Il a fallu convaincre les clubs, les contraindre à s’inscrire dans une réglementation rigoureuse et ne pas hésiter à sanctionner, parfois lourdement, les contrevenants. Du résultat atteint aujourd’hui, même si la situation reste fragile, le hockey français doit en tirer une fierté méritée.
Aucun dépôt de bilan à déplorer depuis 4 ans, des championnats stables d’une saison sur l’autre proposés au public, Bercy rempli quatre années de suite pour la finale de la Coupe de France avec un record à 13500 spectateurs cette année, voilà un état des lieux qui met en lumière la crédibilité nouvelle du hockey en France.
Tous les facteurs, économiques, médiatiques, sportifs du hockey français convergent pour conforter la politique fédérale impulsée par le président Luc Tardif avec le total soutien des instances dirigeantes de la fédération. Si la création de la FFHG il y a quatre ans constitue un acte exemplaire, de nombreux chantiers doivent encore être menés à bien dans le prolongement des travaux déjà accomplis. Sûr que la voie de la réussite pour notre sport s’inscrit dans le développement durable.
Les récentes décisions judiciaires venant contrecarrer certains aspects des règlements fédéraux ne sont à l’évidence pas de nature à infléchir l’action fédérale. Si des ajustements doivent être apportés aux textes qui régissent le hockey sur glace en France, ils le seront. Mais avec toujours en ligne de mire l’intérêt collectif des clubs et le soutien au développement durable de notre sport. Car on peut faire le constat que les clubs requérants ayant conduit à ces récentes décisions judiciaires ont un profil proche : placer la formation au rang du subsidiaire et afficher la quête du résultat dans l’urgence comme un credo. De cela, nous ne voulons pas !
Libre à chacun de se faire son opinion sur les dirigeants de Tours qui ont usé, depuis l’été dernier, de toutes les voies judiciaires possibles pour faire annuler des décisions prises par la FFHG pour sanctionner une gestion pour le moins défaillante. Et dire que ce club avait déjà été frappé d’une mesure de rétrogradation au vu de sa situation financière il y a 4 ans. L’expérience ne semble pas avoir porté ses fruits, les mêmes recettes produisant les mêmes effets. L’histoire sonne parfois comme un perpétuel recommencement…
Jean-David Camus, Secrétaire général FFHG