EDF Fem. A.Bouché et V.Bouetz-Andrieu "Cette équipe c'est une famille"

Publié le vendredi, 30 juin 2017 12:00

Un an après Virgine Bouetz-Andrieu (251 sélections), Anouck Bouché a décidé de raccrocher. La joueuse tricolore aux 215 sélections laisse le hockey derrière elle et prend sa retraite en tant que joueuse. Retour sur leurs carrières internationales avec les Bleues.  

De gauche à droite : Marion Allemoz, Anouck Bouché et Virginie Bouetz-Andrieu lors du sacre des Bleues au Mondial D1A en 2015 à Rouen. De gauche à droite : Marion Allemoz, Anouck Bouché et Virginie Bouetz-Andrieu lors du sacre des Bleues au Mondial D1A en 2015 à Rouen. FFHG

FFHG : Vous avez choisi de mettre un terme à votre carrière de hockeyeuse, quel est votre sentiment après cette décision ?

A.B. : C’est une décision qui a été difficile à prendre. Je suis à un moment de carrière où j’ai eu un long parcours avec l’équipe de France et je ne me vois pas repartir pour 4 ans, jusqu’à la prochaine Olympiade. J’ai choisi d’arrêter ma carrière pour rester avec mon fils. C’est très dur de trouver un emploi tout en étant sportive de haut niveau, c’est une raison qui a pesé dans ma décision. J’espère trouver un travail le plus vite possible, vivre ma vie professionnelle et passer plus de temps avec mon fils qui ne m’a pas beaucoup vu ces dernières années à cause du hockey.

FFHG : 251 sélections c’est un record, ça te fait quoi de le posséder ?

V.B-A. : Je ne me rends pas bien compte de ce que ça peut représenter. À part au début, je n’ai jamais compté mes sélections. À chaque fois que l’on m’a convoquée, je suis venue avec plaisir et fierté. 

FFHG : Comment se sont passés vos débuts en équipe de France ?

A.B. : Au début j’étais la petite jeune que personne ne connaissait, je devais connaitre une fille dans l’équipe. J’ai été assez bien intégré au groupe et les plus vieilles ont toujours été de bons exemples et m’ont montré la voie.

V.B-A. : Cela remonte à loin, c’était contre la Suisse en 1999. J’étais impressionnée et super fière d’intégrer l’équipe de France. Il y a toujours une ou plusieurs joueuses avec qui ça va plus accrocher, qui vont t’expliquer comment fonctionne le groupe, te prendre sous leurs ailes et t’aider à donner le meilleur de toi-même. Au fur et à mesure, les anciennes s’en vont. Tu te retrouves à ne plus être la petite nouvelle mais à faire partie de celles qui doivent mener le groupe, le guider vers le haut. Cette évolution se fait assez naturellement.

FFHG : Quels sont vos meilleurs et pires souvenirs avec les Bleues ? 

A.B. : Je pense que c’est le Championnat du Monde 2013 à Strasbourg. En 2009, nous étions descendu et en 2013 on est enfin remontées en Division 1A ! Entre temps, nous avons lutté pour remonter, en vain. À Strasbourg, tout s’est bien passé du début à la fin, au sein du groupe et pendant les matches. Pour mon pire moment, j’hésite entre le Championnat du Monde 2009 et la campagne de qualification olympique en Chine en 2012. Dans les deux cas, nous avons eu des résultats auxquels on ne s’attendait pas. Cela a été assez dur. Je dirais plutôt le CM 2009 car après la compétition, j’ai eu besoin d’arrêter le hockey. Avec la création du Pôle France Hockey Féminin, les entraînements étaient supers intensifs toute l’année, tous les jours. Finalement, on arrive au Championnat du Monde et on réalise l’une des pires performance depuis des années... On avait tout donné pour aucun résultat. J’ai coupé avec le hockey pendant une saison, c’est l’année où j’ai eu mon fils. 

V.B-A. : Un fait marquant a été la première médaille de bronze qu’on a eu au Japon en 2007. Outre l’aspect sportif, c’était la première fois que l’équipe de France se rendait là-bas, c’était un dépaysement total. On a eu l’occasion de faire de belles performances. Autre souvenir, moins plaisant avec la descente en 2009 à Graz, ce qui a failli arriver encore cette année, à croire que nous sommes maudites dans cette ville… On avait beau tout tenter, rien ne fonctionnait. Après cette relégation, on a connu quelques années galères à essayer de remonter, avant que n’arrive 2013 et le Championnat du Monde à Strasbourg. C’était, je pense, mon Mondial préféré. On avait pour objectif de gagner et c’est ce qui s’est produit donc tout le monde était forcément content ! Mais au-delà de la médaille d’or, l’ambiance qui régnait au sein de l’équipe avait vraiment quelque chose de spécial.

FFHG : Quel bilan faites-vous de la saison 2016-2017 des Bleues ?

A.B. : C’est un bilan en demi-teinte. Nous avons fait des supers performances au Tournoi de Qualification Olympique en février : à une minute de la fin on gagnait contre l’Allemagne, on bat l’Autriche. Ce sont des performances qui montrent que l’on commence à pouvoir égaler les grosses équipes, au moins sur un match. Au Championnat du Monde, c’est tout l’inverse qui s’est produit. C’est très difficile à analyser, je ne sais même pas expliquer pourquoi on a perdu. Nous avons tout fait comme il fallait mais nous étions peut-être fatiguées de la longue saison que nous avons eu. On a tout fait comme les coaches voulaient mais ça n’a pas payé. Même avec les bonnes tactiques, nous n’avons marqué qu’un seul but pendant le tournoi et forcément, on ne peut pas gagner de matches comme ça. Le pire, c’est que l’on avait un super groupe, nous avons adoré jouer ensemble tout au long de l’année.

V.B-A. : J’ai suivi le Mondial cette année et je ne comprenais vraiment pas ce qu’il se passait. J’étais régulièrement en contact avec les filles et elles me disaient qu’elles faisaient leur maximum sans être récompensées. Elles appliquaient les consignes des coaches. Le groupe était en plus sur une bonne dynamique, avec un Mondial 2016 réussi et une campagne de qualification olympique aboutie, même sans le graal tant espéré. Là je ne sais pas ce qui s’est passé, peut-être qu’on a vraiment une malédiction avec Graz (rires).

FFHG : À l’avenir, avez-vous envie de travailler dans le staff des Bleues ou, plus largement, au niveau du hockey féminin ? 

A.B. : Je fais actuellement un BTS Diététique et à terme j’aimerais me spécialiser en nutrition du sportif. J’aimerais bien revenir dans le groupe pour m’occuper de conseils diététiques, je ne sais pas trop encore sous quelle forme. Par contre, je ne me prédestine pas à l’entraînement, je n’ai pas envie de devenir coach.

V.B-A. : Pas trop, je n’ai jamais été porté sur le côté entraînement. Je n’ai pas passé mes diplômes d'entraîneur. Il y a des gens qui sont fait pour ça, qui aiment vraiment ça mais ce n’est pas mon cas. Si je devais intégrer le staff, ce serait plutôt dans la gestion. J’ai repris l’entrainement, je vais essayer de jouer car le hockey me manque. Sinon je me concentre sur ma vie professionnelle maintenant que j’ai plus de temps. J’ai toujours travaillé dans la restauration, j’ai passé mes diplômes de cuisine en France. Je vais passer directrice adjointe d’une rôtisserie au Canada. Tout se passe bien, pourvu que cela continue.

FFHG : Auriez-vous un conseil à donner aux filles qui vont intégrer le groupe France dans les mois/années à venir ?

A.B. : Toujours se donner à fond, essayer de progresser au maximum en écoutant les conseils des coaches et des anciennes joueuses. Et il ne faut pas avoir peur de piquer la place de quelqu’un : le hockey féminin va progresser en ayant des jeunes qui viennent taper à la porte de l’équipe de France pour prendre la place des anciennes. 

V.B-A. : Il faut toujours travailler fort. Arriver en Équipe de France n’est pas une fin en soi, c’est le début d’une aventure. Il ne faut rien prendre pour acquis, travailler et continuer à croire en soi !

FFHG : Il y a quelque chose qui vous a particulièrement marqué dans la vie de groupe au fil des années ? 

A.B. : Mes meilleures amies font partie de l’équipe de France ! Même si je ne suis plus dans le groupe, je continuerai à les voir. Ce sont vraiment des amitiés de longue date puisque je connais certaines filles depuis plus de 10 ans ! C’est vraiment une famille. Cette équipe m’a vu grandir : je l’ai intégré à 14 ans, je la quitte à 28 ans. On partage tout, on est au courant de tout ce qui peut se passer dans la vie de chacune. Quand on se retrouve, tous les mois ou tous les 2 mois, on est super contentes de se revoir ! C’est une ambiance vraiment différente d’un club puisque ça dure depuis des années. Certaines filles partent, d’autres arrivent mais le groupe reste toujours aussi soudé. 

V.B-A. : C’est plus que de la camaraderie, on se sent véritablement en famille ! 

 
Modifié le jeudi, 29 juin 2017 12:22
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