MATTHIEU VERGOTE, CONSULTANT
C'est un autre chantier qui s'ouvre en cette fin d'année 2009, celui de la structuration de la Ligue Magnus. Vivier de nos internationaux, vitrine de notre discipline, la compétition
phare de nos championnats méritait un processus rigoureux dédié à son évolution.
Au printemps 2009, la décision était prise de lancer un appel d'offre à un consultant afin d'accompagner les travaux du Comité de Pilotage chargée d'élaborer un cahier des charges.
Au mois de septembre de la même année, la société de conseil Kopilote (
http://www.kopilote.fr/) était choisie, avec une feuille de route
très précise.
- Un futur mode de gouvernance de la Ligue
- Une stratégie de mutualisation des droits et actions marketing
- Une organisation recommandée des clubs
- Une organisation sportive
- Un calendrier de mise en place
Nous avons demandé à Matthieu Vergote, chargé du dossier à Kopilote, de nous éclairer sur la démarche entreprise et qui porte sur la période de novembre 2009 à février 2010.
Choisir une agence de conseil en Entreprise peut paraître surprenant, s'agissant des préconisations envers une organisation sportive. Qu'est ce qu'une approche
influencée par un tel modèle économique peut apporter à notre sport ?
M.V. : En fait notre agence intervient dans
tous types d'organisations, qu'elles soient entrepreneuriales, administratives, associatives... L'organisation sportive du Hockey sur Glace, composée de clubs rivaux, n'est pas fondamentalement
différente de l'organisation économique de certains secteurs qui recherchent une mutualisation pour leur développement. Je pense au Blue Ray, qui est l'archétype de la « coopétition », quand des
entreprises concurrentes se regroupent pour optimiser un produit, une technologie.
La démarche que nous entreprenons est axée sur la recherche des conditions du développement sportif qui doit s'appuyer sur le tissu économique le plus solide possible. En effet, l'équilibre sportif
dépend de l'équilibre économique de tous, de même l'équilibre économique dépend aussi de l'équilibre sportif entre tous les clubs. Quel intérêt pour un spectateur, un partenaire à rejoindre un
sport où c'est toujours le même qui gagne.... ? Créer de l'équilibre entre les clubs, c'est créer de la compétition, donc de l'intérêt.
Le bon modèle économique sera celui qui permettra de générer de l'incertitude sportive. Notre rôle de conseil porte sur l'organisation nécessaire à cette réalisation. C'est la volonté de la FFHG de
procéder ainsi.
Vos travaux ont commencé. Sur quelle méthodologie vous appuyez vous pour mener les entretiens et accordez vous une place à l'inventaire au milieu de la prospective ?
M.V. : Notre méthodologie contient notre philosophie. Pour nous, les solutions doivent venir de l'intérieur même de la structure. On est clairement dans une dynamique de concertation,
l'inventaire de l'existant est donc au cœur de notre analyse. La prospective est une autre étape de la réflexion.
Nous avons identifié 2 groupes majeurs d'interlocuteurs :
Les Acteurs clés (présidents de clubs, entraîneurs, joueurs, arbitres, environnement fédéral) qui sont déjà réunis au sein de la Commission Ligue Magnus qui traite du quotidien de l'organisation
actuelle.
Les Parties prenantes qui sont les médias, les partenaires, le public ainsi que les autres clubs qui composent le tissu du Hockey sur Glace.
Notre action va s'articuler autour de 3 missions : de la concertation va naître une analyse qui sera transmise au Comité de Pilotage fédéral constitué à l'effet de l'évolution de la Ligue
Magnus. Nous ferons tous ensemble une synthèse et Kopilote organisera l'animation autour des travaux du Comité qui se tiendront jusqu'en février.
Comme l‘a dit le communiqué fédéral, le processus ira ensuite à son terme, jusqu'au Comité Directeur.
Tous les sports majeurs en France ont leur propre modèle quant à la gestion de leur compétition. Ces modèles peuvent ils nous inspirer ou devons nous inventer quelque chose de
totalement spécifique ?
M.V. : On ne va évidemment pas réinventer la
roue...Le « benchmark », c'est-à-dire l'étude de ce que font les autres acteurs des ligues sportives en France, mais aussi à l'étranger, va servir à notre analyse de la situation.
En France, les sports de salle ont développé des ligues qui sont étudiées. A l'étranger, en Hockey sur Glace, on peut aller chercher des modèles de formules sportives et des formules
économiques.
Il va falloir surtout tenir compte des particularités du Hockey sur Glace dans notre pays, à savoir les contraintes que sont les infrastructures actuelles, la difficulté de l'accès à la pratique et
la répartition géographique.
S'inspirer des exemples ailleurs, bien entendu, mais sans jamais perdre de vue, ni la réalité, ni les objectifs de développement de la FFHG.
La FFHG insiste pour que ses chantiers soient « partagés ». Comment est ressentie votre démarche par les acteurs de ce dossier ?
M.V. : Le partage des réflexions est sans doute ce qui a motivé la FFHG à nous choisir parmi les autres candidats. Ce partage était au cœur de notre dossier, c'est la base même de
notre méthodologie. Nous nous sommes retrouvés là-dessus.
Les acteurs du dossier accueillent notre démarche avec intérêt. Ils y trouvent d'abord l'occasion de partager, mais aussi d'échanger et enfin de faire remonter les informations qui leur paraissent
essentielles dans le processus de réflexion.
Le mot clé de notre approche est le mot neutralité. La FFHG l'a voulu ainsi pour que les travaux se concentrent sur une approche commune. Nous n'avons aucun a priori et nous écoutons tous les
intervenants, acteurs clés et parties prenantes avec le même intérêt. On en revient à la méthodologie, faire émerger les solutions de l'intérieur.
Nos interlocuteurs ressentent cette volonté qui participe à gommer les inquiétudes que toute évolution peut faire naître.