Maxime Verbert est un kiné pas tout à fait comme les
autres. Le jeune homme d'à peine 30 ans vient d'installer un cabinet ultra moderne en périphérie de Montpellier à l'enseigne de Well Kyn. Un univers dédié à la prévention de la blessure comme à sa
guérison, dans lequel viennent sportifs de haut niveau et « Monsieur toutlemonde » et avec qui Maxime met en application des principes qu'il a puisé ...en NHL !
Comment ce diplômé d'une école de kiné belge, titulaire d'un DESS de préparateur physique réussi à Montpellier et d'un diplôme d'ostéopathie obtenu en Angleterre est il parvenu à se glisser dans l'univers des grandes franchises nord américaines ?
Tout simplement en étant chef de projet pour la firme LPG, qui commercialise entre autre un instrument particulièrement pointu, le « HUBER® ». C'est lors d'un voyage d'étude au Canada en 2004 que Maxime a le déclic, à Montréal où il rencontrera le staff du « Canadien ». Dans son esprit, le Hockey sur Glace, qu'il découvre là, est le sport par excellence pour bâtir un système d'algorithme servant à concevoir un logiciel d'analyse de la bio mécanique sportive qui s'appliquera à l'ensemble des sports. En effet, à l'observation, il voit dans le Hockey sur Glace des standards en matière d'explosivité, de dextérité, mais aussi plus curieusement, de foncier et d'endurance...
LPG est en relation avec la NHL à New York et c'est ainsi que l'ensemble des franchises est sollicité pour entrer l'étude dans leur protocole d'évaluation. Celle ci va s'attacher à décomposer toute la gestuelle d'un hockeyeur, patinage, maniement de la crosse, charges. Ensuite, ce sont les muscles, articulations, la cinétique concernés par ces gestes qui sont étudiés. Pour finir, chaque joueur sera soumis à une batterie de tests qui mettra en évidence, non seulement les failles nées de blessures anciennes ou de carences physiques que l'on pourra prévenir par des exercices adaptés, mais aussi les améliorations de la performance qui pourront être apportés sur sa gestuelle, là aussi par des exercices appropriés.
Les patrons de franchise et leur staff médical comprennent vite l'intérêt d'une telle « étude biométrique » de chacun de leurs athlètes et du suivi qui pourra en découler. Ils se prêtent donc volontiers aux contraintes de l'étude et Maxime va passer 3 années à analyser les joueurs de la LNH. Passeront entre ses mains des garçons comme Cristobal Huet, Alexander Ovechkin.... Il va s'intéresser aussi de très près à tout ce qui entoure le hockeyeur, la crosse, les patins, les protections et va s'apercevoir que certains matériels pourraient être infiniment mieux adaptés à l'utilisateur qui les emploie sur les plans de la prévention et de la performance.
C'est ainsi qu'est né un programme d'analyse de prévention et d'optimisation qui sert maintenant dans de nombreux clubs ou fédérations partout dans le monde. Maxime en a fait un modèle applicable à l'échelle d'un cabinet de Kiné et le met donc à la portée de chaque club d'une taille telle qu'il peut s'attacher les services d'un kiné.
Maxime, vous avez choisi le Hockey sur Glace pour vos études préliminaires, pouvez vous nous dire quelles en sont les raisons ?
M.V. : Ce qui m'a d'abord séduit dans le Hockey sur Glace, c'est que c'est un sport en totale instabilité. En permanence le hockeyeur est à la recherche du meilleur équilibre. Or que l'on soit kiné, ostéo, chiro...notre science est basée sur la reconstitution du mouvement, du geste. Dans le Hockey sur Glace, l'athlète utilise toutes les filières énergétiques (endurance, explosivité, équilibre..), mais de plus son équilibre est harmonieusement réparti entre haut et bas, droite et gauche. Peu de sports pouvaient mieux se prêter à mon étude.
L'univers des franchises nord américaines a la réputation d'un univers dédié au gain. Le souci de la prévention et de la préservation de la santé de l'athlète en fait-il partie ?
M.V. : Lorsque l'on s'adresse à l'univers sportif professionnel nord américain, on doit raisonner en termes de rentabilité. Il fallait démontrer que l'on était en mesure de proposer aux
staffs médicaux des moyens d'analyses capables de faire gagner de l'argent aux franchises. Tout le monde sait qu'un athlète plus performant et en bonne santé a de meilleurs résultats sportifs. Il
fallait leur faire comprendre que cela ne passait pas seulement par l'entraînement du corps mais aussi par une compréhension du triptyque actif « prévention-soin-performance ».
Les athlètes ont d'abord été très réticents, ils ont eu peur que ces bases de données ne constituent un frein à leur carrière sportive. Quand ils ont réalisé que cela servait surtout à préserver
leur capital fondamental (les capacités physiques) et que la partie « analyse des soins » n'était pas divulguée, ils ont adhéré. La recherche de la performance, ils en ont l'habitude.
La taille des clubs et l'audience d'un sport est elle un frein à la recherche de la préservation physique et de la prévention des blessures ainsi que de l'optimisation des performances ?
M.V. : Au contraire, cela peut être un atout pour un club moins doté d'attirer chez lui le sportif soucieux de prendre son corps au sérieux. Quelque soit l'audience d'un sport, la noblesse d'une discipline se détermine par le respect apporté à l'athlète et à son corps. Au moment du choix d'un club par le sportif, tout compte. L'environnement extérieur presqu'autant que le projet sportif où l'ambition. Savoir que l'on prendra soin d'analyser la situation physique du joueur, de lui proposer un programme d'optimisation qui tiendra compte de ses failles et de lui proposer des solutions pour faire durer santé et performance, peut joueur un rôle dans la décision du sportif au moment de choisir un club.
Comment verriez-vous, de manière schématique, l'organisation que pourrait adopter un club pour mettre en place un programme d'évaluation des joueurs, du suivi pendant la saison et du programme à suivre durant l'intersaison ?
M.V. : C'est la mise en place d'une chaîne qui n'est pas l'apanage des franchises ou des sports riches. Ce n'est pas forcément très compliqué, il suffit parfois d'utiliser ce que l'on a sous
la main et de dialoguer.
Un cabinet de kiné dans l'environnement du club qui va s'équiper adéquatement et se former aux outils d'analyses. C'est le premier maillon d'une chaîne qui va passer par le médecin de l'équipe, les
dirigeants du club qui seront sensibilisés aux enjeux et qui auront le discours voulu auprès des joueurs, en passant par l'entraîneur qui aura à sa disposition les données concernant les
performances de ses joueurs et enfin les joueurs eux-mêmes qui sauront que leur capital physique doit être, certes optimisé, mais aussi préservé.
La Ligne Bleue vous remercie de votre concours.