Promus sportivement en Division 1, classés dans le peloton de tête, hôtes du match des champions et du match de préparation de l'équipe de France le 19 décembre contre la Norvège, les Scorpions de l'ADHM (Association pour le Développement du Hockey Mulhousien) refont surface après les évènements qui ont suivi le titre de Champion de France 2005 et le dépôt de bilan du Hockey Club Mulhouse.
Le Président Emmanuel Mouget et le Manager Laurent Arnaud éclairent cette remontée.
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EMMANUEL MOUGET, Président de l'ADHM
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LAURENT ARNAUD, Manager de l'ADHM
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La patinoire de l'Illberg résonne à nouveau des chants de supporters. La passion visiblement intacte pour le Hockey à Mulhouse a-t-elle été un des moteurs du retour au
haut niveau ?
E.M. : Oui, incontestablement, au niveau du public, on a été perçus comme les héritiers des Scorpions du HCM. Les spectateurs sont revenus à la patinoire dès les premiers matchs en Division 3.
Le tissu économique, partenaires, collectivités, a été un peu plus attentif à étudier notre démarche avant de nous appuyer à nouveau. Le Hockey faisait partie des sports de haut niveau à
Mulhouse,cette passion intacte du public, à laquelle nous avons répondu, a fait de nous des acteurs de nouveau crédibles.
L.A. : L'idée de redonner vie au hockey senior à Mulhouse est née des déceptions. Celle du jeune débutant de 5 ans qui ne pouvait plus nourrir son rêve d'une certaine réalité, comme de celle du spectateur lambda, croisé au supermarché, qui ne pouvait croire que ce parcours s'interrompe ainsi. Après une année complète sans hockey, le public est revenu en masse dès les premiers coups de patins en Division 3. C'est cette passion et celle de dirigeants comme Francis Cavuella, Nicolas Muller et Lise Salvin qui a tout déclenché.
Après ces 3 saisons passées à faire remonter votre équipe première dans la hiérarchie des championnats de France, avez-vous le sentiment d'avoir brûlé les étapes ?
E.M. : Non, je n'ai pas du tout ce sentiment. Lorsque nous avons repris les activités de l'équipe première, nous avions fixé à 4 ans le retour en Division 1. Celui-ci s'est trouvé plus rapide et nous avons pu atteindre sportivement, pour la 1ère fois dans l'histoire du Hockey à Mulhouse, la division supérieure. Les partenaires, les licenciés, le public, nous portent et cette exigence nous motive, mais il faut garder la tête sur les épaules, nous en sommes bien conscients. On est très cohérents avec ce que nous sommes et ce que nous voulons faire.
L.A. : Peut être que si nous étions remontés sur dossier, comme il en a été question l'an dernier, cela aurait pu être trop rapide. Car, malgré l'héritage des Scorpions, il a fallu tout réapprendre sur le tas. Avec cette accession, on a le sentiment d'avoir respecté une certaine logique sportive et d'être parfaitement à notre place dans le championnat de Division 1.
La clé du tandem Président - Manager réside dans le partage des tâches. Comment avez-vous organisé les vôtres, en particulier dans la gestion économique et sportive?
E.M. : Je suis bénévole, j'anime et dirige le Comité Directeur et donc l'ADHM, j'aime la discrétion, c'est le Hockey qu'il importe de promouvoir. Laurent (Arnaud), salarié, s'occupe désormais uniquement de la partie administrative et commerciale, et maintenant, c'est Crister (Eriksson) qui est en charge de la partie sportive. Notre volonté est de rendre plus professionnelle notre organisation, moins horizontale avec une prise en charge, par des responsables, de chaque secteur de la vie du Club.
L.A. : Il y a une hiérarchie claire. Monsieur Mouget et le Comité Directeur sont mes patrons et ceux de Crister Eriksson. Au démarrage de l'aventure, j'ai cumulé les emplois, entraîneur, responsable commercial, administratif. En septembre 2008, j'avais annoncé mon intention de prendre du recul avec la prise en charge sportive au terme de la saison qui démarrait. Aujourd'hui, avec l'arrivée de Crister, je vais pouvoir me consacrer aux missions administratives et commerciales.
Donnez nous votre avis sur le développement du hockey mineur à Mulhouse depuis 4 ans. A-t-il souffert des évènements de 2005 ?
E.M. : A l' origine notre association a été fondée pour encadrer les activités du hockey mineur. Il y avait peu de ponts entre le HCM et nous, il n'y a pas eu de conséquences financières. Lorsque le HCM a disparu, il s'est tout de même fait un grand vide. Les « pros » n'étaient plus là, le Hockey n'avait plus de vitrine et les gamins le ressentaient comme un manque. Francis Cavuella, mon prédécesseur, a constaté une baisse minime l'année de la rétrogradation. Par contre, aujourd'hui, on constate une nette progression des effectifs, avec un nouvel engouement chez les débutants.
L.A. : Non, nous n'avons pas souffert au sens structurel. Par contre au plan affectif, oui. Je considère que cela a été un frein, quelque part, à l'engouement qu'on pouvait attendre d'un titre chez les jeunes, même si cela ne s'est pas trop ressenti en matière de nombre de licenciés. Aujourd'hui les résultats sportifs des équipes sont stables, c'est en terme de recrutement que nous sommes très dynamiques avec de nombreux débutants chaque année.
Le Hockey sur Glace de haut niveau dans l'Est de la France se porte bien avec 3 clubs en Ligue Magnus et 2 en Division 1 et d'autres avec des ambitions. Quels sont les objectifs sportifs à moyen terme de l'ADHM ?
E.M. : Travailler dans l'Est est motivant. Il y a une émulation car les clubs sont de qualité et ont une volonté formatrice. L'idée, c'est de former des joueurs capables de parvenir à
l'équipe première. On a donc le projet de mettre en place une structure proche de celle d'un centre de formation, si le tissu mulhousien le permet. Nous sommes rentrés dans un nouveau cycle de
trois ans. L'objectif est d'accéder à la Ligue Magnus, mais on garde bien la tête sur les épaules et cet objectif n'a rien d'une fin en soi.
L.A. : Les projets ? Reprendre là où on l'a laissé. Il y avait, au temps du HCM, la volonté de faire un centre de formation avec Colmar et Belfort, ce serait bien de renouer avec cette ambition
de bien structurer notre formation. Avec, bien sûr, l'idée de reprendre une place en Ligue Magnus.
Un commentaire personnel... ?
E.M. : J'aime bien le concept de faire partager notre expérience, on a toujours besoin d'apprendre les uns des autres.
L.A. : Je ne regrette pas d'avoir répondu à l'engouement que je ressentais intact il y a 4 ans et d'avoir relevé, avec bien d'autres, ce défi.
La Ligne Bleue vous remercie. Bonne saison sportive.