Association pour la Promotion du Hockey

Charly Masse

L'APH, plus connu par son évènement phare, le Trophée des Petits Champions, est née de la volonté de Charly Masse. La Ligne Bleue vous propose de découvrir celui qui préside à cette aventure depuis maintenant plus de 20 ans.

Tout commence en 1986, un soir de match à Villard de Lans, une charge, la tête du jeune ailier, talent Gapençais, va donner dans la bande. Commence alors une longue lutte pour retrouver une mobilité, celle-ci ne sera plus jamais totale. Au bout du tunnel, le jeune homme se retrouve face au sport qu'il aime, qui lui a donné ses plus belles joies, mais qui vient de lui retirer beaucoup.

Il va pourtant choisir d'ignorer ce qu'on lui a retiré et de redonner ce qu'il a reçu en fondant en 1987 une association : L'Association pour la Promotion du Hockey, l'APH.

L'émotion née après son accident rassemble beaucoup de gapençais qui entourent et se dévouent pour ce jeune homme, si fort et si déterminé dans son fauteuil à roues. L'idée d'une fête de fin de saison, rassemblant les joueurs de tous horizons, qui se déroulerait trois contre trois, germe dans les têtes.

Le 1er Trophée des Champions se déroule en 1989 et remporte un succès éclatant, les meilleurs joueurs évoluant en France viennent se détendre et jouer comme des gamins. Trop de réussite peut être, car, très vite, une polémique éclate sur les contacts qui s'y nouent entre joueurs et clubs. L'époque est aux « transferts » entre clubs et les dirigeants voient d'un mauvais œil ce "melting pot" qui risque de les priver de leurs talents. Peu à peu le Trophée des Champions perd de son lustre initial et finira par s'interrompre en 1994.

Mais entre temps, un petit frère lui était né en 1991, le Trophée des Petits Champions. L'idée des 3 contre 3 est conservée, mais taille et vélocité obligent, on divise la patinoire en trois et on limite l'exercice aux Moustiques, Poussins, Benjamins. Là aussi le succès est immédiat.

L'engouement est tel en cette année 1991 qu'un premier stage d'été est créé.

En 1993, l'idée d'emmener parents et enfants à la découverte du Hockey « d'ailleurs » naît dans la tête des dirigeants de l'APH. Moscou et son Dynamo, Tournoi Krylov, comme Montréal, avec le Tournoi International de Montréal Nord, seront au programme.

2010, c'est le 20ème Trophée des Petits Champions qui se déroule, réunissant près de 1000 jeunes hockeyeurs dans les 3 patinoires des Hautes Alpes, pulvérisant, par le nombre de participants et par la longévité, tout ce qui a pu se faire de similaire, en France mais aussi en Europe. Des champions d'exception (Ilya Kovalchuk) y auront côtoyé des gamins pour qui ces Trophées des P'tis resteront de merveilleux souvenirs.

Voilà 23 ans que Charly Masse veille au bon fonctionnement et à l'essor de l'APH, à son bureau ou dans les patinoires, lors des Trophées, Poussins, Benjamins. Pour ceux qui ont la chance de le croiser, partout il arbore toujours le même sourire amical et indulgent, la même attention bienveillante, la même sagesse.

Il l'aura faite, la promotion du Hockey Français, de la meilleure des façons, en faisant rêver les enfants et les grands et en livrant le meilleur des messages, celui de l'exemple.

La FFSG a honoré Charly Masse d'un Oscar de la Glace en 1998.

 

 

Bonjour, Charly, avec près de 120 « assistants » lors des Trophées, avez-vous une définition de ce qu'est un bénévole ? Comment les fédère-t-on ?

C.M. : Le bénévole, c'est quelqu'un qui offre de son temps et qui, à l'intérieur de ce temps, amène ce qu'il a de meilleur. Pour fédérer des bénévoles, la recette, c'est déjà d'écouter, d'être patient. Il faut être conscient des efforts qui sont faits, être indulgent et donner soi même l'exemple.

 

 

L'APH intervient dans quels domaines ? Décrivez nous son organisation.

C.M. : L'APH organise des stages pour les jeunes et le Trophée des Petits Champions. Cela nécessite une organisation administrative qui couvre le secrétariat, la communication, le relationnel, l'organisation sportive, l'encadrement et l'hébergement pour les stages. J'y suis totalement investi et je dispose d'une aide, mon fils Benjamin, qui est maintenant permanent.

Pour les Trophées, l'organisation s'appuie sur un responsable par site, Philippe Rey à Orcières, Bernard Rouillard à Briançon, Jean Claude Rave à Gap. En septembre, les invitations sont lancées, en décembre les inscriptions sont closes. En février, c'est 20 personnes dans les réunions préparatoires pour la logistique, l'organisation sportive. C'est à 15 jours du Trophée que la tension monte avec l'ensemble des bénévoles, arbitres, à coordonner.

 

Qu'apportez-vous de différent à un jeune stagiaire de ce que lui apporte son club ?

C.M. : Le premier des apports, c'est déjà un complément d'heures de glace. Quelque soit la qualité du travail dans les clubs, ce n'est pas 2 ou 3 heures de pratique hebdomadaire durant la saison sportive qui vont suffire à former. Il n'y a pas assez d'heures de glace dédiées au hockey dans les patinoires en France.

Orcières Merlette est un lieu idéal où les familles peuvent accompagner les stagiaires en logeant à côté. De plus, on propose un grand nombre de semaines, chacun peut y trouver sa place. On essaie de proposer selon les périodes des thèmes qui conviennent à tous et qui s'inscrivent en complément de la formation en club, le marquage-démarquage, le maniement, les feintes, les mises en échec. On a aussi essayé d'emmener les jeunes à l'étranger (Pizek en République Tchèque pour qu'ils s'imprègnent d'une culture hockey différente.

 

 

Depuis 20 ans que vous voyez un même public évoluer, quel regard portez-vous sur le niveau de la pratique des jeunes joueurs ?

C.M. : Le niveau... Comme je l'ai dit plus haut, nous atteignons nos limites du fait même du nombre limité des heures de glace en club. C'est dans cette contrainte que réside une partie des causes qui font que nos jeunes haussent difficilement leur niveau. Je le constate tout en sachant que les solutions ne sont pas évidentes... Il ya de bons jeunes, à chaque édition on voit le potentiel de certains, mais on voit aussi les lacunes laissées par une pratique insuffisante. Tous les stages, partout, ont du bon et sont nécessaires au développement du jeune joueur.

 

 

L'encadrement et l'environnement des équipes a-t-il, lui aussi évolué ?

C.M. : Un dirigeant, c'est très important dans la formation du jeune. Calme, compétent, attentif, c'est l'idéal. Le Trophée reçoit son lot d'encadrants, comme chaque année, le gros de la troupe ce sont les parents qui se mobilisent pour accompagner leurs enfants, tout cela doit rester bon enfant, ce ne sont pas les championnats du monde... Les entraîneurs des clubs viennent parfois encadrer leurs équipes. Non, rien n'a changé autour des jeunes depuis les débuts.

 

 

Le Hockey des Hautes-Alpes se mobilise autour de l'organisation du Trophée. Croyez-vous aux regroupements ?

C.M. : Les Hautes Alpes comme place forte du Hockey sur Glace, c'est une réalité. Deux clubs sont en Ligue Magnus. Gap va rénover sa patinoire. A travers l'évènement majeur qu'est le Trophée des Petits Champions, l'APH a su réunir les trois clubs du département et tout se passe très bien. L'identité de chacun doit être préservée, mais au niveau de la région PACA, l'association des structures sur des évènements est une bonne chose.

 

 

Quelles sont les perspectives du Trophée et de l'APH dans l'avenir ?

C.M. : Le Trophée des Petits Champions est un évènement qui doit avant tout garder son caractère Français, je veux dire que la priorité c'est la participation du plus de clubs français possible. Il y a quelques équipes étrangères pour le côté challenge et le côté convivial, mais ça reste un tournoi français.

On est conscients que les Hautes-Alpes, ça fait loin pour certains clubs et on a songé plusieurs fois à un Trophée géographiquement complémentaire. Il faut trouver le lieu, les hommes, le moyen de transférer le savoir faire....Mais on est ouverts à tout, à toutes propositions, y compris fédérales (rires...).

Sinon, nous aimerions que les stages à l'étranger se multiplient, étendre à d'autres pays et faire connaître aux jeunes, la richesse des cultures hockey un peu partout...

 

 

Quels sentiments éprouvez-vous, Charly Masse, au regard de cette longue action au service du Hockey et des jeunes ?

C.M. : Avant mon accident, je voyais ma vie dédiée au hockey, comme beaucoup de joueurs de ma génération, j'ai passé mes brevets d'entraîneur jusqu'à obtenir le BE2. Pour moi, c'était naturel cet investissement.

Après mon accident, je ne me suis pas posé de questions, tout « naturellement », j'ai voulu continuer à m'investir dans mon sport et ça a été l'APH. C'est une question de fidélité à mes choix.

Je suis fier de ça, d'être resté fidèle et d'avoir crée à partir de rien une association dédiée aux jeunes qui pratiquent le hockey. Ce n'est pas grand-chose, mais des milliers de jeunes y ont forgé des souvenirs, de l'amitié, des émotions. Ca suffit à ma satisfaction.

De ces 20 ans, je retiens des rencontres avec des gens intéressants, ça a été enrichissant sur le plan humain, ces contacts, ces échanges.