Colloque National des Entraineurs

Marc Peythieu

 

Du 28 au 30 mai, la Direction Technique Nationale organisait à Marseille le colloque national annuel des entraîneurs.

Nous avons interrogé Marc Peythieu, Cadre Technique National en charge des formations, à quelques jours de ce rendez-vous prisé des formateurs, lieu de rencontre et d'échange entre entraîneurs venus de tous horizons.

 

 

Quel est l’historique de ce colloque national des entraîneurs organisé annuellement ?

M.P. : Le premier colloque des entraîneurs date de 1999 et s’est tenu à Bercy. Il était alors réservé aux entraîneurs en charge du Plan de Détection qui venait d’être mis en place. L’idée de l’ouvrir à tous les entraîneurs a rapidement fait sens et s’est concrétisée dès l’année suivante lors d’un colloque organisé à l’INSEP. Nous avons ensuite essayé de le faire évoluer géographiquement un peu partout en France (Amiens, Annecy, Biarritz, Montpellier, La Roche sur Yon, Strasbourg, Paris, Marseille cette année) afin de faciliter l’accès et la participation de tous à ce type d’événement.

 

 

A quel type de public s’adresse-t-il ?

M.P. : ce colloque est ouvert à toutes les personnes intéressées de manière bénévole ou professionnelle à la formation, l’entraînement et le développement du joueur. Il n’est ainsi pas obligatoire d’être titulaire d’un diplôme pour y participer. Il existe ensuite un lien évident entre les thématiques abordées et le type de public qui s’inscrit mais on observe toutefois une forte représentativité des entraîneurs de catégories jeunes. En moyenne, nous avons entre 60 et 80 participants. Il s’agit donc d’un événement qui mobilise et fédère les gens, ce qui est pour les organisateurs une grande satisfaction.

 

 

Pour quelles raisons faîtes-vous étape à Marseille cette année ?

M.P. : Comme évoqué précédemment, il est important pour nous de varier l’environnement géographique. La décision a été prise très en amont suite au colloque organisé à Paris en 2009. Il nous paraissait intéressant de se rendre dans une ville qui accueille désormais une nouvelle patinoire et qui dispose d’un rayonnement important. Avec ce superbe outil qu’est le « Palais de la Glace et de la Glisse », nous espérons ainsi voir Marseille se doter d’un club avec un impact de développement important pour le grand sud.

Avec l’accueil dont nous bénéficions ici, aussi bien en termes d’équipement pour la pratique que de salles de conférence, l’organisation logistique s’en trouve en tout cas grandement facilitée.

 

 Palais de la Glace et de la Glisse de Marseille pendant le Colloque National des Entraîneurs 2010

 

Quels objectifs poursuivez-vous au cours de ces 3 jours ?

M.P. : L’objectif est double. Dans un premier temps, nous cherchons à faire passer des informations techniques, des messages qui peuvent interpeller les entraîneurs, les conforter ou leur suggérer de nouvelles orientations dans leur approche et leur façon d’appréhender l’entraînement et la formation.

Dans un deuxième temps, le but est de se regrouper et d’échanger car cela permet d’avancer plus facilement. On s’aperçoit ainsi que dans les « grands » pays de hockey sur glace, la démarche de vouloir préserver ses « petits secrets » pour gagner n’existe pas. A notre niveau, cette démarche de partage évolue également dans le bon sens avec de plus en plus d’échanges entre les entraîneurs pendant la saison et une volonté de plus en plus affirmée de faire évoluer le hockey sur glace ensemble.

 

 

Quelles thématiques abordez-vous lors de ces colloques ? 

M.P. : Nous choisissons en général des thématiques particulières qui permettent de mieux cibler les interventions et les ateliers : attaque, défense, gardiens de but, préparation physique,…etc.

Certains colloques se sont déroulés avec des thématiques très diverses et des débats très riches en ont également résulté.

Cette année, l’accent est mis sur le développement et l’apprentissage du jeune joueur de hockey sur glace avec un point particulier sur le développement du gardien de but, poste stratégique pour lequel les entraîneurs sont parfois démunis en termes de directives à donner.  Nous aborderons également l’approche finlandaise, dans la démarche de formation qu’ils appliquent à leurs joueurs. Enfin, nous mettrons en exergue l’attaque du but, un des points faibles identifiés de notre hockey.

 

 

Vous parlez d’approche finlandaise de la formation et on note la présence d’intervenants venus de l’étranger. Qu’apportent-ils aux participants ?

M.P. : La Fédération a signé des accords de partenariat avec le Canada, notamment Hockey Québec, et la Finlande, ce qui nous permet effectivement de bénéficier du savoir-faire et des connaissances de ces 2 nations majeures de notre sport. Ils sont très ouverts à la coopération, sont prêts à mettre en commun et à partager leurs acquis pour développer le hockey. Ils sont également à la pointe dans le domaine du développement du joueur.

Pour nous, il est extrêmement intéressant d’apprécier ce qui se fait chez eux, voir ce que l’on peut adapter, réutiliser et en faire profiter les entraîneurs et les clubs, même si le contexte est évidemment différent.

 

 

Intervenant Finalandais lors du Colloque National des Entraîneurs 2010

 

L’ensemble des cadres techniques est largement mis à pied d’œuvre pour ce colloque. A quels niveaux interviennent-ils ?

M.P. : Tous les cadres sont d’abord mis à contribution en amont, lors de la mise en place de l’organisation technique et logistique. Lors des réunions de la Commission Technique de la DTN, les thèmes qui seront abordés sont définis, le lieu choisi, les orientations du programme et les pistes pour le choix des intervenants  sont proposés. En fonction des thèmes retenus et de la spécialisation des cadres, ceux-ci interviennent également lors du colloque et réalisent les supports pédagogiques. Nous tenons à valoriser leur action au quotidien et à mettre en exergue le travail de la DTN. Cette année, Lionel Charrier, entraîneur de l’équipe de France moins de 18 ans, interviendra par exemple le dimanche autour de l’attaque du but. Plus largement, tous les cadres sont impliqués à différents niveaux dans l’organisation et la tenue du colloque et seront à Marseille ce week-end.

 

 

Avez-vous des retours des participants quant au contenu et à leur ressenti ?

M.P. : Tout à fait. Nous effectuons à l’issue des colloques des sondages afin de connaître la perception des entraîneurs, leur degré de satisfaction quant aux interventions, les thèmes qu’ils aimeraient voir aborder lors des prochains rendez-vous. Les résultats de cette enquête sont ensuite utilisés lors des Commission techniques pour faire le bilan du colloque passé et adapter les prochains.

 

 

Quels sont les  prochains grands rendez-vous en matière de formation ?

M.P. : Dès le mois de juin, nous allons nous atteler à la mise en place des grandes lignes du prochain colloque des entraîneurs.

Les formations fédérales vont suivre leur cours avec, nous l’espérons, l’organisation de la première session du Brevet Fédéral 3ème degré qui concernera les entraineurs ayant validé leur 2ème degré lors du cycle de la saison passée.

Les épreuves du Brevet d’Etat 1er degré et du Brevet d’Etat 2ème degré auront lieu à Grenoble au mois de novembre. Pour ce dernier, 2 sessions de préparation sont proposées en juin (Issy Les Moulineaux) et août (Briançon).

Nous travaillons également sur la mise en place d’un centre de ressources avec l’aide des outils informatiques et collaboratifs. Un site internet pourra permettre d’avoir accès à une « formation continue » grâce à la mise à disposition d’informations techniques et pédagogiques aux entraîneurs déjà diplômés.Notre rôle sera de les accompagner et de les aider dans leur tache car leur implication au quotidien dans les clubs ne leur laisse pas souvent beaucoup de temps  à consacrer à la recherche et à l’analyse.

Enfin, le gros chantier en cours au sein de la Direction Technique Nationale, que nous souhaitons voir se concrétiser en début de saison prochaine, est la création d’un institut de formation au sein de la Fédération.

Cette structure sera, entre autre, habilitée à délivrer des formations qui déboucheront sur des diplômes professionnels qui seront en adéquation avec la réelle demande des clubs en matière d’emploi.