Epinal : Image du Hockey Français

CLAUDE MAURICE

 

Claude Maurice, Président du club d'Epinal, a une longue expérience du championnat de France de hockey sur glace puisqu'il dirige les « Dauphins » depuis maintenant treize ans. De plus, l'équipe des Vosges vient d'achever sa septième saison consécutive dans la Ligue Magnus.

Aux avant-postes depuis 1997, ce dirigeant passionné était donc bien placé pour donner son sentiment sur l'évolution du hockey français depuis sa récente émancipation.

 

 

Pouvez-vous nous faire d'abord un bilan du parcours sportif du club d'Epinal ?

C.M. : Ce fut malheureusement une mauvaise saison à cause de plusieurs facteurs. En effet, au début du mois d'octobre notre patinoire a été fermée pour des raisons de sécurité. Nous avons donc été privés de glace pendant un mois et demi. Il a fallu trouver une solution de rechange et partir s'entraîner à Metz ou à Colmar. Il y a même certains joueurs qui ne se sont plus entraînés à cause de leur travail. Fort heureusement, la Communauté des Communes nous a construit une patinoire mobile provisoire. Mais ce problème nous a fait perdre la moitié de la recette en terme de spectateurs. Du coup, cette saison, l'équipe a terminé 12ème en Ligue Magnus. Mais j'estime que notre vraie place se situe entre la 8ème et la 10ème position. En attendant l'ouverture de notre nouvelle patinoire à la rentrée 2011, il faudra prendre notre mal en patience.

 

 

Vous qui avez désormais une longue expérience de dirigeant, comment jugez-vous l'évolution du hockey sur glace français et notamment de son championnat ?

C.M. : Lorsque je suis arrivé dans le hockey, il était inclu dans une fédération multisports et il avait du mal à vivre. A l'époque, chaque club essayait de tirer la couverture vers lui sans se soucier de l'intérêt général. Il n'y avait pas d'harmonie et presque aucun intérêt commun ce qui occasionnait beaucoup de conflits voire de rancoeur. Du coup, le championnat était désorganisé. Tous les ans, des clubs faisaient faillite et c'était souvent le champion en titre.
Avec la création de la fédération de hockey autonome en 2006, j'ai pu me rendre compte des premières améliorations avec notamment un véritable projet commun et la création d'une commission financière enfin efficace. Progressivement ce projet, piloté par le Président de la FFHG Luc Tardif et toute son équipe, a pris forme. J'ai le sentiment que tous les Présidents de club ont alors commencé à regarder dans le même sens. Un certain respect s'est instauré entre les dirigeants toutes divisions confondues. On ne sent plus trop à présent de rivalité hors de la glace comme ce fut le cas dans le passé. Il y a incontestablement plus de cordialité entre nous. La création de la FFHG a moralisé et stabilisé les rapports. Du coup, le championnat s'en ressent également car il y a moins d'écart entre les équipes. On ne voit plus des 14-0 comme avant. Les résultats sont plus équilibrés. Enfin, la Coupe de France a été la cerise sur le gâteau car cette compétition, revalorisée, a donné, à mon avis, une très bonne image du hockey français notamment avec les affluences record à Bercy.

 

 

Pensez-vous que cette évolution favorable a eu un effet concret sur les relations avec les sponsors et les collectivités ?

C.M. : Le nouveau contexte général a donné indéniablement plus de confiance à tout le monde et en particulier à nos différents interlocuteurs. J'observe que sur le plan local, le club d'Epinal a pu ainsi monter lentement mais sûrement dans le championnat. Cette stabilité nous a donné un plus grand crédit et je pense que c'est un peu la même chose ailleurs. Du coup, notre entourage pose un regard plus positif sur le hockey sur glace, même si la crise économique est passée par là. Sur le plan national, je sens germer une volonté générale d'être beaucoup plus raisonnable, de réduire la voilure et de mieux gérer les budgets. Toute la difficulté réside dans le fait d'empêcher certains clubs à retomber dans la facilité en se lançant à nouveau dans la course à l'armement pour décrocher le titre à tout prix. Fort heureusement, il y a une commission fédérale qui veille au grain.

 

 

Quelles sont à présent les perspectives et les ambitions du club d'Epinal en attendant sa nouvelle patinoire ?

C.M. : Nous connaissons nos limites. Prétendre remporter actuellement la Coupe Magnus serait absurde. Avec une nouvelle patinoire, qui nous fera passer de 450 spectateurs à 1800, on peut cependant réviser raisonnablement nos ambitions à la hausse. Mais notre but, dans un premier temps, sera de confirmer que notre vraie place est plutôt vers la 6ème que vers la 10ème en Ligue Magnus. Au dessus, il y a des clubs qui ont des budgets deux à trois fois plus importants que le notre et, pour l'instant, la lutte est inégale.

 

 

La grande époque du hockey sur glace à Epinal, avec la venue très médiatisée en 1989 du capitaine des Canadiens de Montréal Bob Gainey, a-t-elle eu un impact à long terme sur votre club ?

C.M. : Il est incontestable que cette période mémorable, même si elle fut éphémère et ne dura qu'une saison, a renforcé de façon durable l'image du hockey sur glace à Epinal et dans notre région. D'autant que notre ancien maire, Philippe Seguin, était également un passionné de hockey. Sans cet engouement incroyable à l'époque pour le hockey sur glace, qui perdure encore aujourd'hui, je suis persuadé que nous n'aurions pas pu faire construire notre nouvelle patinoire. Ce glorieux passé, qui reste dans toutes les mémoires à Epinal, nous a incontestablement servi pour défendre la cause de notre sport.