François Rozenthal, 34 ans, né à Dunkerque, 2 enfants, commence sa carrière dans sa ville natale avant de jouer à Reims, à Lyon, à Amiens puis à Björklöven en Suède. Il
retourne ensuite à Amiens avant de rejoindre le club de Morzine-Avoriaz. Il a signé un long bail de treize ans dans l’attaque de l’équipe de France à partir du tournoi mondial de 1996 à
Vienne en Autriche.
Jonathan Zwikel, 34 ans, 2 enfants, né à Bruxelles, débute sa carrière à Rouen avant d'évoluer à Reims puis à Sundsvall en Suède et à Duisbourg en Allemagne. Il retourne ensuite
en France à Amiens avant de rejoindre le club de Morzine-Avoriaz. Il a évolué pendant douze ans au sein de l’attaque de l’équipe de France à partir du tournoi mondial de
1997 à Tampere en Finlande.
Au moment où vous prenez tous les deux votre retraite internationale, l’équipe de France vient de réussir la performance de se maintenir pour la deuxième année de suite dans l’élite mondiale. Pensez-vous que la présence de la France au plus haut niveau a des chances de durer ?
Jonathan Zwikel : Oui je le pense car nous avons des jeunes internationaux qui ont vraiment du talent. J’ai confiance en l’avenir car la relève est là, mais il faut continuer à travailler et faire fructifier le vivier de l’équipe de France à l’image de ce que font le Danemark ou la Norvège.
François Rozenthal : L’équipe de France a des chances de se maintenir car elle a acquis de l’expérience lors des deux derniers mondiaux au Canada et en Suisse. Avec l’accumulation des matches, on sait maintenant comment ça se passe et le rythme qu’il faut avoir même si ce ne sera pas une mince affaire. Mais il ne faudra pas faire l’erreur de viser plus haut que le maintien.
Comment expliquez-vous que l’équipe de France ait pu réussir une telle performance alors qu’elle a joué en Suisse sans aucun renfort naturalisé ?
J.Z. : Tout simplement parce que les hockeyeurs Français ne sont pas mauvais ! Il y a actuellement dans la sélection tricolore une alchimie qui s’est réalisée entre tous les jeunes. L’ambiance est formidable et cela donne des résultats sur la glace. François et moi, nous venons de quitter avec beaucoup de regrets ce groupe car il a un cœur énorme. Il faut conserver cette équipe en l’état et surtout ne pas faire de compromis pour satisfaire l’ego d’un seul joueur. Une individualité, aussi forte soit-elle, ne doit pas être avantagée au détriment de l’ensemble.
F.R. : Si on a pu se passer
des renforts, c’est qu’il y a une force de caractère dans la sélection tricolore. Nous avons toujours été une bande de potes. Malgré l’absence de Cristobal Huet et les divers
forfaits, on s’est serré les coudes. Ceci dit, il ne faut pas remettre en cause l’aide précieuse des renforts naturalisés. Ils ont leur place, mais ils ne sont désormais qu’un
élément au sein d’un
groupe.
J.Z. : Je reviens à ma première analyse à savoir que c’est un esprit de corps très solidaire qui a fini par payer au fil des ans. L’équipe de France est devenue une famille. J’ai pu me rendre compte aussi de la différence énorme entre le contexte qui existait au temps de l’ancienne fédération et celui dont la sélection nationale bénéficie depuis la création de la FFHG. Nous avons désormais des dirigeants qui travaillent véritablement pour l’essor de leur sport.
F.R. : Lors que l’équipe de France a joué plusieurs années dans le groupe B, nous avions qu’un seul objectif : remonter dans l’élite. Le travail de fond a donc été surtout psychologique car depuis que Dave Henderson et Pierre Pousse sont là, il n’y a pas eu de révolution de notre système de jeu. La progression s’est faite effectivement surtout dans les têtes.
J.Z. : Le club, c’est la base de tout. Je pense qu’en France il y a encore des progrès à faire. Les internationaux et les grands espoirs doivent pouvoir tenir le rôle de leader. Il faut leur faire beaucoup plus confiance. Si le hockey Français veut continuer à progresser, il faut que les clubs évoluent impérativement avec une ossature de joueurs Français. Le nombre de renforts étrangers doit être limité et ces jokers doivent avoir un bon niveau.
F.R. : Mis à part Grenoble, Rouen et Amiens qui ont des structures, la situation n’est pas satisfaisante à mon avis également car l’éclosion des internationaux dans les autres clubs est difficile. Il faudra tôt ou tard imposer un quota de joueurs Français plus important dans le championnat pour qu’ils aient un temps de glace plus grand et qu’ils bénéficient d’une véritable politique de formation.
J.Z. : Je suis un inconditionnel de la formation. Donc, si j’étais président de club, j’axerais ma politique dans ce sens, les jeunes seraient mon combat permanent. J’ai envie de dire aux présidents qu’il faut qu’ils consacrent leur argent aux jeunes au lieu de se payer des renforts étrangers pour un résultat immédiat mais improductif sur du long terme.
F.R. : Moi aussi, je dirais aux présidents de donner plus de chance aux joueurs Français en acceptant, par un gentleman agreement, de limiter le nombre des renforts étrangers.
J.Z. : A cette heure, mon avenir n’est pas encore déterminé. J’ai des contacts avancés avec plusieurs clubs de la Ligue Magnus, mais ma priorité reste ma reconversion. J’ai fait volontairement des études qui m’ont permis d’obtenir un Master en management du sport et un autre en école supérieure de commerce.
F.R. : Je retourne à Dunkerque, ma ville natale, où je vais continuer à jouer un peu avec le club local et essayer d’intégrer son staff pour lui faire bénéficier de mon expérience. D’autre part, je souhaite me reconvertir dans la communication tout en restant dans le domaine du sport.