Paroles d'arbitres

JEAN-CHRISTOPHE BENOIST 

 

Après nous avoir expliqué dans le premier numéro de la Ligne Bleue ce qui motive certains passionnés à devenir arbitres de hockey sur glace, Jean-Christophe Benoist évoque à présent les conditions générales pour faire partie de la famille des « maillots rayés » qui compte actuellement 130 arbitres nationaux dans notre pays.

 

 

 

 

Quelles conditions faut-il remplir pour devenir arbitre de hockey sur glace ?

J.-C. B. : Avant, il existait deux catégories : il y avait des anciens joueurs qui se reconvertissaient dans l’arbitrage et des bons patineurs des séances publiques qui gravitaient autour du club local et qui étaient embauchés pour diriger les matches.

Aujourd’hui, la situation a évolué. En tant que responsable fédéral, je privilégie la connaissance du jeu et donc nous recrutons surtout des anciens hockeyeurs car ils savent lire le jeu ce que ne pourra pas faire forcément un patineur amateur. Ce dernier aura beaucoup plus de mal à anticiper les actions dans un sport d’équipe qui, rappelons-le, est le plus rapide du monde. La Direction technique de l’arbitrage préfère donc choisir le profil d’un ancien joueur. Notre recrutement s’effectue en priorité chez les juniors en fin de carrière qui ne pourront pas continuer à jouer en seniors. Nous les encourageons dans la voie de l’arbitrage car c’est le profil idéal à nos yeux.

 

 

Comment s’effectue le recrutement des arbitres sur le plan pratique ?

J.-C. B. : C’est là où le bât blesse car nous avons besoin de l’aide des clubs et ce n’est pas toujours facile. Il existe des « référents » arbitres dans les clubs qui ont pour mission de détecter les jeunes candidats. Il y a des clubs qui jouent très bien le jeu comme c’est le cas par exemple à Rouen ou comme la ligue Île de France qui fait passer des tests régionaux régulièrement. Il s’effectue ainsi un écrémage  avant la formation des juges de lignes puis des arbitres.

 

 

Quel intérêt a, selon vous, un passionné de hockey à se tourner vers l’arbitrage ?

J.-C. B. : L’arbitrage offre la possibilité à un joueur d’un niveau moyen qui effectue une petite carrière d’avoir par ce biais une perspective de développement sportif très valorisant. En fait, l’arbitrage peut être une deuxième chance pour des anonymes qui peuvent devenir, pourquoi pas, des arbitres internationaux. Moi-même, j’ai vécu des choses extraordinaires grâce à l’arbitrage en participant aux Jeux olympiques ou aux championnats du monde. En tant que joueur, je n’aurais jamais pu vivre ces grands événements.

 

 

Quelles sont les obligations des arbitres pour rester compétitifs sur le plan physique ?

J.-C. B. : On leur demande d’avoir un entraînement sportif personnel et régulier en courrant par exemple tous les jours. Comme la plupart d’entre eux sont des anciens joueurs, ils continuent à garder la forme et leur vélocité de patinage en pratiquant dans des clubs loisirs ou en Division 3. Ils arbitrent aussi parfois des matches d’entraînement. C’est un bon exercice pour rester compétitif.

 

 

Quelle est la fourchette d’âge imposée pour pouvoir arbitrer dans le hockey sur glace ?

J.-C. B. : On peut commencer à arbitrer dans les petites catégories entre 15 et 16 ans. Mais pour diriger un match au niveau national, il faut être majeur et avoir donc au moins 18 ans. Par ailleurs, on estime que pour être « head » dans la Ligue Magnus, l’âge limite est fixé à 50 ans.

 

 

Combien les arbitres touchent-ils pour diriger les matches ?

J.-C. B. : L’arbitrage doit être avant tout une passion car ce n’est pas un moyen de gagner beaucoup d’argent dans notre sport. Juste à titre indicatif, un arbitre chef en Ligue Magnus perçoit 120 euros pour diriger le match et les juges de lignes 85 euros. En Division 1, le "Head" est payé 95 euros et le juge de ligne 70 euros. A cela il faut ajouter un forfait pour les repas et pour l’hôtel qui est en moyenne de 80 euros.