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LE CHAMPIONNAT DE FRANCE
  
Une quête identitaire

La Ligue Magnus, ainsi que les Divisions 1, 2 et 3, qui composent le championnat de France, fêteront leur septième année d'existence lors du coup d'envoi de la prochaine saison. Une stabilité dans la formule qui avait été rarement observée jusqu'ici. En effet, si on se replonge dans l'histoire plus ou moins récente, on se souvient des nombreuses formules qui furent utilisées pour tenter de gérer au mieux l'élite du hockey sur glace français, victime de soubresauts à intervalles réguliers. Ces divers championnats « à géométrie variable » et la volatilité des formules traduisaient la difficulté d'organiser notre discipline. Pas facile lorsque l'on passe rapidement de la Ligue Elite à la Nationale 1A, puis au Super 16 de s'y retrouver et de donner une image crédible aux médias, donc au grand public..

 

La valse des appellations

Hormis les empoignades du début du siècle dernier qui étaient souvent informelles et souvent improvisées, les véritables compétitions qui furent organisées par la suite, de façon plus régulière, ont eu cependant beaucoup de mal à trouver une dénomination. On se bornait à appeler le championnat national la première série. Il faudra attendre en fait la saison 1972-1973 pour que les deux championnats alors en vigueur prennent les noms de Nationale A et B et deviennent un point de repère plus important pour les amateurs français de hockey sur glace qui s'intéressaient jusqu'ici davantage aux rencontres internationales faute d'assister à des confrontations suffisamment attractives sur le plan national.

Une compétition sérieuse et équilibrée entre les régions débute donc vraiment lors de la saison 1972-1973 avec une bipolarisation Paris-Rhône Alpes. Les années 80 verront ensuite la création d'un troisième niveau de compétition avec le lancement de la Nationale 2. C'est durant la saison 1986-1987 que l'on parvient à identifier un quatrième niveau national qui prendra le nom de Division 3 et le conservera par la suite.

 

  Saint-Gervais, Champion de France 1986 (Nationale 1A)

 

Une première ligue professionnelle fermée fut mise en place lors de la saison 1990-1991.  Elle prit le nom de Ligue Nationale et elle était composée de huit clubs. Mais la tentative échouera. Après une seconde saison fatale, le retour sur terre fut brutal. Du coup, lors de la saison 1992-1993 le championnat de France se déroula avec un niveau en moins puisqu'il restera la Nationale 1A, la Nationale 1B et la Division 2.

L'expérience avortée d'une ligue restreinte n'a pas dissuadé les acteurs du hockey de l'époque. En effet, la saison 1997-1998 voit la création de la Ligue Elite.  Elle durera cette fois cinq ans jusqu'en 2002. Pendant les cinq années de vie de cette ancienne « Ligue Elite », on assista à un lancinant et terrible jeu de dominos qui provoqua régulièrement la chute de plusieurs clubs après avoir fait faillite, parfois même en cours de route à cause d'un gestion mal maîtrisée.

 

 Reims, Champion de France 2000 (Ligue Elite)

 

Au mois d'avril 2002 le championnat de France vole donc en éclats. La FFSG délègue alors au Directoire du hockey le soin d'organiser lui-même les divers championnats. Les états généraux du hockey accouchent d'une formule où l'élite est volontairement élargie, mais elle est accompagnée de règles plus strictes destinées à protéger cette nouvelle formule (CNACG pour la limitation salariale). Une nouvelle appellation sera adoptée lors de la saison 2002-2003 avec le Super 16, suivi des Divisions 1, 2 et 3. La saison suivante, le Super 16 se déroulera en poules régionales.

Mais lors de la saison 2004-2005 le hockey français décide de s'affranchir des chiffres et il crée la Ligue Magnus.  En décidant, dès le mois de septembre 2004, avant même la naissance officielle de sa fédération autonome, de créer la nouvelle « Ligue Magnus », l'ancienne Autorité Exécutive du Hockey Français (AEHF), présidée alors par Luc Tardif, a fait un choix qui allait s'avérer déterminant et  judicieux autant sur la forme que sur le fond. En effet, sur la forme d'abord, le grand public comprend désormais d'une manière simple l'enjeu de ce championnat élite, à savoir l'octroi de la Coupe Magnus, puisqu'il s'agit d'une compétition éponyme, autrement dit portant le nom du trophée mis en jeu. Sur le fond ensuite, sa viabilité a été enfin pérennisée puisque la Ligue Magnus, grâce à un contrôle de gestion beaucoup plus rigoureux, vient de fêter cette saison ses six ans d'existence. Elle a battu ainsi le record de longévité de l'ancienne « Ligue Elite » qui avait réussi quant à elle à tenir le choc, tant bien que mal, pendant seulement cinq saisons entre 1997 et 2002 avant de disparaître.

 

  Rouen, Champion de France 2010 (Ligue Magnus)

 

Cette appellation fait maintenant partie intégrante du patrimoine de la FFHG. La Ligue Magnus relie ainsi le passé et l'avenir, autrement dit l'origine et le futur, et elle donne enfin un nom à un championnat hexagonal qui, avec une telle étymologie, peut espérer devenir... grand !