Paroles d'experts

Techniquement vôtre 

Pour l’ouverture de cette lettre d'information fédérale, les sujets à traiter ne manquent pas. Les priorités sont bien devant nous et relèvent d’un même intérêt. Après avoir pris le temps de la réflexion, c’est assurément le sujet de la "formation’’ qui mérite cette entame.

 

Du club aux équipes nationales, de l’école de glace aux équipes fanions, des instances locales aux nationales ; tous les chantiers ouverts depuis la création de la fédération réclament des compétences nouvelles et actualisées. Si chacun à son niveau atteste d’un engagement et d’une implication dont ont peut être fier, les transformations et les actions à conduire imposent à la communauté du hockey sur glace un effort conséquent de formation et d’adaptation.

 

Pour la direction technique nationale, la clé de voûte du projet sportif qui lui a été confié a rapidement été identifiée : il est apparu impératif de refonder les contenus des formations. En effet, au sortir de la période au sein des sports de glace, il faut constater que le dispositif des B.I.F. structuré autour d’une vision transversale  des sports de glace était trop éloigné des préoccupations de notre discipline. Tout n'est certainement pas pour autant à jeter. Mais en matière de contenu de formation, le compte n’y était pas  !  Qui plus est, la continuité du service de formation au sein de l’organisation antérieure s’avérait erratique.

 

C’est ainsi que depuis près de 24 mois, le département formation a été confié à Marc PEYTHIEU, cadre technique national. Ce dernier, avec l’appui des membres de la direction technique nationale, s’est rapidement mobilisé pour engager une réécriture complète des contenus de formation pour les 3 niveaux qui segmentent la formation fédérale. Chacun devine qu’il n’est pas parti d’une feuille blanche. Ceci dit, le travail engagé a été conduit avec célérité et prudence. En effet, s’il n’est pas question de réinventer le hockey sur glace, il est important de bien cerner les fondamentaux, sans se laisser distraire par le poids des habitudes dont on se met à ignorer l’origine. Le département formation s’est attaché à bien étalonner et répartir ces contenus en fonction des niveaux d’intervention "réels et sincères’’ des clubs. Dans les semaines à venir, l’équipe autour de Marc PEYTHIEU, aura terminé ce travail de mise en forme des contenus.

 

A partir de ce fond documentaire référencé F.F.H.G., le département formation a structuré le cursus d’accès aux qualifications fédérales, en étant très respectueux des attendus des licencié(e)s , comme de la disponibilité effective des jeunes joueurs entrant en formation. Sur le site Internet de la fédération ce parcours est explicité et détaillé.

 

C’est au cours de cette saison qu’une première session des B.F.3, nouvelle génération, va être ouverte.  Au bout de trois ans, un cycle complet de formations fédérales aura permis à plus d’une centaine de jeunes de découvrir ou remettre à jour des connaissances techniques et pédagogiques au label F.F.H.G. C’est un mieux et c’est tant mieux! Mais c’est avant tout "un plus’’ en direction des bambins, comme des ados, qui lorsqu’ils sortent des vestiaires trouvent en face d’eux des cadres bénévoles maîtrisant de mieux en mieux, le b-a-ba  du hockey sur glace (et plus…).

 

En conclusion de ce chapitre, il est possible ici, d’évoquer avec "raison gardée’’, l’idée qu’il s’agit des prémices d’une "Ecole Française du hockey sur glace".

 

« Du savoir extrême à la connaissance vulgaire, la différence est nulle » Georges BATAILLE.

Aujourd’hui dans l’environnement associatif le couple "bénévoles et compétences’’ est sacrément tiraillé sous les coups de boutoir de la « démarche qualité »,  réclamée par les adhérents-clients. Plus encore, lorsqu’il subit le joug de la disponibilité permanente. Autrement dit, la professionnalisation du mouvement sportif chemine, bon gré, mal gré en fonction des aléas des modèles sportivo-économiques, qui la nourrit.

 

Pour l’encadrement sportif, le pourtour est dessiné depuis plus de 20 ans : "nul ne peut enseigner ou entraîner contre rémunération s’il n’est titulaire d’un Brevet d’Etat d’Educateur Sportif…’’

 

A ce jour, plus de 250 personnes ont obtenu leur sésame, pour enseigner à titre professionnel. Ceci étant, une bonne partie d’entre elles ne sont plus dans le circuit. Elles n’enseignent plus le hockey sur glace.

 

Surprenant ! D’un coté, les présidents de clubs savent la difficulté qu’ils ont pour trouver en début de saison un cadre technique diplômé. D’un autre côté, certain(e)s joueur(se)s souhaitent devenir entraîneur et opter pour ce choix professionnel. C’est leur passion et ils (elles) en feraient volontiers leur métier.

 

Interrogatif ! La question revient sur l’accession au métier d’entraîneur : existe-t-il des formations pour préparer cet examen ? La fédération organise-t-elle des sessions pour les futurs candidat(e)s ? Que puis-je faire pour bien me préparer au Brevet d’Etat ?

La question est récurrente…. Pour la direction technique nationale, c’est un vrai dilemme et un malaise certain, dont la solution passe par la résolution d’une équation à plusieurs variables.

 

D’un coté, en regard des attentes des employeurs (les clubs), le directeur technique national et les services de l’Etat sont très attachés à maintenir un niveau de qualification respectueux des ambitions fédérales. Il n’est pas envisageable de brader cette qualification, malgré la situation de pénurie relative. C’est une orientation d’autant plus claire, qu’aujourd’hui la réécriture des contenus pour les formations fédérales est aboutie. On sait identifier les savoirs, savoir-faire et savoir-être du coach en club.

 

D’un autre coté, sans pouvoir encore s’appuyer sur une analyse  précise des pratiques et des métiers au sein de la fédération, on n’ignore pourtant pas que l’employabilité "réelle et réaliste’’ sur le territoire national manque d’espace pour exister à part entière.

 

Chacun le regrettera – Enfin il convient de relever qu’à ce jour les formateurs en capacité d’animer des sessions de préparation aux Brevets d’Etat d’Educateur Sportif en Hockey sur Glace, ne sont pas légion. Si la partie « tronc commun » peut encore être préparée au sein des services déconcentrés de la Jeunesse et des Sports, pour la partie spécifique, la fédération manque cruellement de ressources humaines.

 

Ainsi, la période actuelle place les clubs, comme le département formation, dans une sorte d’impasse. Il manque des cadres qualifiés et compétents. Il n’existe pas de formation permettant de se préparer correctement à cette qualification. Et, celles et ceux qui réussissent tout de même à obtenir le Brevet d’Etat, ils/elles ne sont pas assuré(e)s de pouvoir en faire leur métier à temps plein.

 

Cette quadrature du cercle n’est pas inéluctable. C’est le résultat d’une organisation en cours de transformation et d’un certain abandon du secteur de la formation dans les dix dernières années, qui ont induit cette traînée d’inefficacité.

 

Pour l’avenir, les solutions et les propositions arrivent. En identifiant parfaitement les contenus, un pas décisif a été franchi. Le dispositif de formation fédéral en 3 niveaux (BF1, BF2,BF ») assure une base solide de connaissances-compétences à ses titulaires.

 

Maintenant, il reste deux étapes à franchir :     

 

  •  l’une orientée vers une optimisation du fonctionnement des clubs, notamment en renforçant la « démarche qualité » en leur sein, dont les fruits prendront assez naturellement la forme d’une professionnalisation.

 

  •  l’autre vers la constitution d’une équipe de formateurs(trices) au sein du département formation de la FFHG, autorisant ainsi l’organisation de sessions de préparation aux examens professionnels.

 

Pour conclure sur ce tour d’horizon relatif à la formation des cadres, il convient de prendre en compte les transformations en cours, touchant à l’architecture des qualifications dans le champ du sport.

Au-delà de changements d’appellation des diplômes, les services de l’Etat, le CNOSF et les collèges professionnels aujourd’hui en place dans le cadre de la Convention Collective Nationale du Sport, ont engagé une transformation assez importante des schémas en place pour tenter, d’une part une certaine harmonisation avec les référentiels de l’Education Nationale et d’autre part, avec la réalité de l’offre professionnelle en milieu associatif.

Plus simplement dit, l’existence de certifications par l’Etat ouvrant droit à la rémunération ne devrait pas disparaître, mais se renforcer avec l’expertise des collèges professionnels. En revanche, la segmentation actuelle en 3 ou 4 niveaux semble franchement bousculer, sans qu’à ce jour nous puissions avoir une projection lisible. Cela sera l’occasion d’un prochain article.

 

Les problématiques et les enjeux ici survolés, confirment l’importance et l’intérêt d’une mobilisation fédérale en direction de la formation. A ce titre, le département qui lui est consacré est mobilisé à parts égales sur le secteur de la formation initiale comme sur celui de la formation continue et permanente.

En effet, l’actualisation et la mutualisation des compétences est au cœur de tous les métiers. Le colloque annuel des entraîneurs, organisé chaque année fin mai, est un des éléments de réponse nécessaire mais non suffisant. Pour celles et ceux qui ont participé aux 4 dernières éditions, ils connaissent et apprécient le bénéficie de ces journées.  Pour mai 2009, c’est en région parisienne qu’il s’organisera, avec le concours d’intervenants de « Hockey Canada ». Ce partenariat international, porté par le Comité de directeur de la fédération vers les grandes nations du hockey sur glace, autorisera également la réalisation d’une série de séjours en Finlande au cours du second semestre 2009 et permettra à plusieurs cadres de la direction technique nationale de se perfectionner.

 

Pour être complet et cohérent, la formation c’est également la préoccupation des arbitres et des dirigeants. La 1ère journée de formation des dirigeants organisée en juin 2008, avant l’Assemblée Générale, a été un premier jet. D’autres sont en cours de préparation, car la formation n’a de sens et d’efficacité que si elle relève de synergies concomitantes.

 

                                                                                                   Le département formation.



 - B.I.F. : brevet d’initiateur fédéral
 - Professionnel à temps complet, partiel ou ponctuel.
 - La direction technique nationale a programmé dans son plan d’action la création d’une « Cellule d’étude et d’observations des pratiques » , dont l’un des objets est de cerner les pourtours de l’emploi au sein du tissu fédéral.
 - Sessions de formation au tronc commun dans les DDJS, DRDJS ou les CREPS

 - Brevet d’Etat, Diplôme d’Entraîneur, BTS Sport,….Brevet Professionnel, Certificats de Qualification professionnelle,…

 - Collèges des employeurs et collèges des salariés.

 - Cf. rapport BERSTCH.