Nous sommes au mois d’avril 2006. Le Championnats du Monde de la Division 1 se déroule à Amiens en Picardie. Dans les tribunes du Coliseum, René Fasel, le président de l’IIHF, est debout aux côtés de Luc Tardif, visiblement ravi du spectacle sportif après avoir assisté, peu avant, à la naissance d’une Fédération française de Hockey sur Glace, totalement libre et indépendante.
La valse des dénominations
Nous sommes en 1903… A cette époque, le hockey, qui n’était encore qu’un sport embryonnaire, menait tant bien que mal son petit bonhomme de chemin dans le cadre d’une Union des Fédérations Françaises des Sports de glace, qui deviendra Fédération française des Sports d’hiver puis Union des Fédérations Françaises des Sports d’Hiver. Des activités sportives qui s’organisent autour des Jeux Olympiques (1908, 1920), suivis des Jeux Olympiques d’Hiver, dont la première édition officielle se tient à Chamonix (1924). Ces épreuves donneront un contour à des sports encore confidentiels.
Ce n’est qu’en 1942, en pleine occupation, que le président du club des Français Volants de Paris, Jacques Lacarrière, et un de ses amis dirigeants, Georges Guérard, décidèrent ensemble de regrouper les divers sports de glace pour former une seule fédération plus représentative et plus forte qui prit le nom de Fédération Française des Sports de Glace (FFSG).
L’envie d’indépendance
Presque quarante ans plus tard, nous voici dans les années 80 avec l’explosion des programmes télévisés. La diffusion des sports devient un enjeu pour capter un public ce qui induit de nouvelles ressources pour les diffuseurs. Les Sports de Glace ont alors un ambassadeur médiatique, le patinage artistique. Cette exposition télévisuelle génère rapidement des revenus substantiels pour une fédération qui ambitionne de jouer les premiers rôles mondiaux.Mais le Hockey n’a pas le sentiment que les fruits recueillis participent à son essor. Les Jeux olympiques d’Albertville, organisés en 1992, confirment le potentiel d’une discipline qui explose outre atlantique, dans l’Europe du nord et jusqu’aux confins de la Sibérie.
Le divorce
Les ambitions d’indépendance du Hockey tentent de se cristalliser. Le clash manque de se produire en 1993 lors de l’assemblée générale à Brest. Il s’en faut de peu pour que le hockey sorte de la FFSG. Les déboires financiers de la professionnalisation (1995) auront raison des velléités d’indépendance. La tutelle fédérale s’accentue sur des clubs fragilisés par une économie qu’ils ne maîtrisent plus. La réputation d’un sport aux problèmes financiers récurrents lui ferment les oreilles ministérielles. C’est la fin des illusions.
Pour l’indépendance, l’histoire s’accélère
Nous sommes en 2002 à Grenoble où le Hockey sur glace tient ses Etats Généraux. Le « Directoire » nommé pour gérer la discipline, en parallèle à la Commission fédérale, parvient à faire adopter une formule de championnats dotée de règles du jeu financières strictes. Luc Tardif est le « Directeur » du Hockey. Pour la première fois dans son histoire récente, une autorité s’impose dans la discipline. Mais, l’autorité, comme l’indépendance, se partagent mal.
Lors de l’AG de Lyon en 2003, la dissolution du Directoire est prononcée. Une alternative s’organise à travers l’AAHF, une association créée par Luc Tardif et d’autres volontaires convaincus du nécessaire changement pour la discipline.
Lors de l’AG de Toulon en 2004, minés par les difficultés financières et les rivalités, les candidats à la présidence de la FFSG, ne parviennent pas à endiguer la volonté du Hockey à s’émanciper. Celui-ci entérine le retour de Luc Tardif dans la Fédération avec les principaux membres de l’AAHF et certains membres de la Commission Hockey fédérale, l’AEHF, autorité exécutive, est née.
A l'égal des autres sports
Lors de l’AG de Paris en 2005, la discipline est enfin écoutée. Conscient de l'ultimatum de la Fédération Internationale de Hockey sur Glace qui réclame que les pays membres aient une fédération indépendante, le Ministre, Jean-François LAMOUR, va faire confiance aux hommes qui ont su secouer la tutelle et rendre le Hockey sur Glace indépendant.