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05/07/2021 11:18

Interviews. Pierre Pousse et Gwénola Personne nouveaux membres du Temple de la Renommée

 

Gwénola Personne et Pierre Pousse font partie de la 13ème promotion du Temple de la Renommée de la FFHG, dévoilée lors de l’Assemblée générale de la FFHG le samedi 19 juin 2021. Ces deux figures du hockey sur glace français nous livrent leurs réactions et reviennent sur leur parcours respectif*.


FFHG : Qu’est-ce que cela représente d’intégrer le Temple de la Renommée de la FFHG ?

Pierre Pousse : Je suis très honoré de faire partie de ce Temple de la Renommée, surtout quand je vois la liste des noms intronisés depuis quelques années ! C’est important pour moi. J’avais accompagné mon beau-père Alain Mazza quand il avait été intronisé en 2017. Me retrouver à côté de personnes qui ont bâti le hockey français est une grosse fierté.

Gwénola Personne : Au départ, quand on m’a contacté, j’étais un peu surprise et stupéfaite. Ce sont ensuite les réactions des gens qui m’ont fait réaliser l’importance de cette nomination, et que je pouvais en être fière. J’ai réalisé que je représentais quelque chose pour le hockey féminin. C’est à la fois une fierté et une chance d’intégrer ce Temple de la Renommée.

FFHG : Quel événement vous a le plus marqué lors de votre carrière ? 

Pierre Pousse : Je suis intronisé je pense autant pour ma carrière de joueur que pour ma carrière d’entraîneur. En tant que joueur, les Jeux Olympiques d’Albertville ont été les plus marquants ! On avait déjà fait les JO de Calgary, mais faire les Jeux à la maison c’est une autre saveur. En plus, nous avions réussi à faire un très bon résultat en arrivant en quart de finale (ndlr : défaite 4-1 contre les USA, après des victoires contre la Suisse et la Norvège en poule). Comme entraîneur, je dirai le quart de finale au Mondial de Minsk en 2014 (ndlr : défaite 3-0 contre la Russie, après des victoires en poule contre le Canada, la Slovaquie, la Norvège et le Danemark). On avait réussi une superbe performance avec une équipe formidable.

Gwénola Personne : C’est assez compliqué de ne ressortir qu’un seul événement… Mais deux oui c’est possible ! Tout d’abord le Championnat du Monde 1999 à Colmar, où j’étais capitaine. On y décroche la médaille de bronze, dans une patinoire pleine, ce qui était inédit pour nous. C’est vraiment un excellent souvenir. Ensuite, le Championnat du Monde 2007 à Nikko, au Japon, qui a représenté ma dernière compétition. Au-delà du voyage, c’est toute la saison qui est marquante. Elle avait été assez chaotique avec de nombreuses défaites en matches de préparation. Mais sur le Mondial l’équipe s’est montrée soudée et a obtenu de bons résultats (ndlr : la France y décroche une médaille de bronze avec 7 points en 5 matches, terminant derrière le Japon et la Lettonie, devant la Norvège, la République tchèque et le Danemark). Sur le plan personnel, j’avais relevé le défi de revenir après une année d’arrêt, qui plus est en changeant de poste, et j’ai vraiment apprécié jouer ce rôle de défenseure !


L’équipe de France féminine à Colmar en 1999

FFHG : Avez-vous d’autres souvenirs marquants à partager ?

Gwénola Personne : Le tout premier Championnat d’Europe que j’ai disputé avec l’équipe de France, en 1991, c’était à Frydek-Mistek, au fin fond de ce qui s’appelait encore la Tchécoslovaquie. C’est une expérience qui me permet aujourd’hui de raconter aux joueuses du Pôle les débuts du hockey féminin, avec notamment les 32h de bus pour le voyage retour ! Notre niveau de jeu n’avait aussi rien à voir : on a par exemple perdu 28-0 contre la Finlande… À l’époque, nous n’avions jamais vu des femmes jouer aussi bien au hockey, elles jouaient mieux que nos hommes en club ! Humainement, j’ai un autre souvenir marquant : un Championnat d’Europe encore, celui de 1993 en Ukraine. Le pays était d’une pauvreté incroyable… À l’hôtel, le personnel faisait tout ce qu’il pouvait pour nous « chouchouter » et bien nous nourrir mais en dessert on n’avait qu’une orange pour quatre ! Cela remet les idées en place sur nos conditions de vie, surtout que je n’avais que 18 ans à l’époque… Je pense d’ailleurs que cela a marqué tout le groupe car on s’en reparle souvent ensemble.  

Pierre Pousse : La montée en Élite, trois ans après notre arrivée avec Dave Henderson (entraîneur principal). On avait terminé deuxième des Championnats du Monde d’Eindhoven (NED) puis d’Amiens, et c’est à Qiqihar (CHN) qu’on a réussi, en battant le Kazakhstan (3-1) ! C’est un acte fondateur des 11 ans des Bleus dans l’Élite. Il y aussi le Mondial à Paris. Organiser un championnat du Monde, ça paraissait inenvisageable et la fédération a relevé le défi. On se devait d’être performant, et avec quatre victoires on peut dire qu’on a fait un très beau Mondial, même si nous n’avons pas connu les quarts de finale. Le seul regret c’est que, avec les attentats et l’élection présidentielle, l’évènement n’a pas été aussi médiatisé qu’il aurait pu l’être.

Dave Henderson et Pierre Pousse lors de leur dernier match sur le banc des Bleus en 2018

FFHG : Si vous pouviez remonter le temps, tenteriez-vous de changer quelque chose dans votre parcours ? 

Gwénola Personne : J’aurais rêvé pouvoir jouer avec les garçons durant mon enfance et mon adolescence. La mixité n’est arrivée qu’après. J’ai quand même eu la chance de m’entraîner et même de participer à un match en senior avec les hommes, mais j’aurais apprécié de pouvoir le faire petite. Je pense que ça représente une évolution importante pour le hockey féminin, très utile dans le développement des joueuses.

Pierre Pousse : Vers mes 17 ans je suis parti au Canada avec Philippe Bozon et Christophe Ville pour jouer en Junior Majeur. Je suis resté la première année, quand Philippe est retourné en France jouer à Megève. Cette saison était bizarre, je regrette peut-être de n’avoir pas réussi à percer à ce moment. J’aurais pu persévérer et essayer de rester dans le circuit Junior Majeur. Mais bon, cette expérience m’aura servi dans ma carrière puisqu’à la suite je suis rentré en France vivre une belle aventure avec Mont-Blanc, puis la qualification aux Jeux Olympiques de Calgary avec les Bleus !

FFHG : À l’inverse, qu’est-ce que vous ne changeriez pour rien au monde, quelle est votre plus grande fierté ?

Pierre Pousse : Mon histoire avec l’équipe de France ! J’ai toujours répondu présent, que ce soit comme joueur ou comme coach. Sept Championnats du Monde et trois Jeux olympiques en tant que joueur, quatorze Mondiaux en tant que coach : je ne changerais pas cette relation particulière que j’ai avec l’Equipe de France. Elle a représenté le fil rouge de toute ma carrière !

Gwénola Personne : Compliquée comme question… mais je vais trouver ne vous inquiétez pas (rires) ! Je dirai que c’est d’avoir réussi à allier le sport de haut niveau avec mes études. J’ai eu la chance d’avoir des aménagements scolaires avec mon école de kiné, et même après obtenu mon diplôme en 2002, j’ai poursuivi mon aventure en bleu jusqu’en 2007 tout en travaillant. Mais c’est loin d’être évident pour tout le monde, et tous les cursus ne permettent pas cela. Le sport de haut niveau devrait être plus valorisé dans les écoles et les entreprises.

Photos de Gwenola Personne

FFHG : Pouvez-vous décrire votre rôle aujourd’hui au sein du hockey sur glace français ?

Gwénola Personne : Déjà, je continue de jouer avec mon club de Cergy-Pontoise en championnat Féminin Elite, même si je fais un peu office de dinosaure dans l’équipe (rires). Je n’ai plus la forme de mes 20 ans, ni de mes 25 d’ailleurs, mais je joue un rôle de guide et d’exemple. Je suis aussi très contente de m’occuper des joueurs de Cergy-Pontoise et des joueuses du Pôle France Féminin en tant que kiné. La plupart sont très jeunes et pourraient être mes enfants, c’est rafraichissant. A leur âge, j’aurais apprécié bénéficier d’une telle structure. Pour toute sportive, pouvoir s’entraîner tous les jours, qui plus est dans une patinoire comme l’Aren’Ice, c’est un rêve !  

Pierre Pousse : Je suis Cadre Technique National (CTN). J’ai en charge le développement des régions Grand-Est – Bourgogne – Franche Comté et, depuis cette année, de l’Île-de-France. J’ai aussi un rôle de référent vidéo au sein de la fédération, où je m’occupe notamment des logiciels de séquençage dont se servent les équipes de France. Je suis également impliqué dans les discussions sur les diffuseurs des championnats. Et je n’ai pas rompu le lien avec l’équipe de France puisque depuis cette année je suis entraîneur vidéo de l’équipe de France féminine, un groupe qui vise une qualification aux Jeux Olympiques de Pékin 2022 !

FFHG : Parmi celles que vous avez connu, quelle fonction préférez-vous occuper 

Pierre Pousse : Bien sûr celle de joueur ! L’émotion, les sensations, être au cœur de l’action… Ce qu’on peut ressentir en tant que coach est moins intense que ce qu’on ressent en tant que joueur. C’est la meilleure place dans le hockey-sur-glace ! Quand on est joueur on ne se rend pas compte du boulot qu’ont les coachs, on est un peu insouciant. La grosse différence, c’est qu’en tant que joueur on se préoccupe bien sûr de l’équipe mais avant tout de soi-même : comment améliorer son jeu ? Comment réagir dans telle ou telle situation ? Tandis que le travail de l’entraîneur est de faire performer toute l’équipe et tous les rôles qui composent un collectif.

Gwénola Personne : C’est difficile voire impossible de choisir pour moi. Ce sont deux choses différentes. Il y a la passion d’un côté, et un métier que j’aime de l’autre, que j’ai la chance de pratiquer dans le milieu de ma passion. Mais franchement, je ne saurais pas choisir. Les deux sont importants, complémentaires et deux choses distinctes pour moi.

 

Photos de Pierre Pousse

FFHG : Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?

Gwénola Personne : Très franchement, déjà réussir à faire une saison complète, que la crise sanitaire nous laisse tranquille pour qu’on puisse s’entraîner sans interruption et vivre un vrai championnat. Et que ce soit sur le plan professionnel ou sportif, conserver ce plaisir qui m’anime le plus longtemps possible.

Pierre Pousse : Je pense que j’ai encore des choses à donner dans le Hockey, avec une grande expérience dans ce domaine. J’espère rester longtemps à la fédération, pour aider les équipes de France à performer. À commencer par les Bleues aux TQO de novembre en Suède !

FFHG : Enfin, avez-vous un dernier mot à ajouter ?

Pierre Pousse : Oui, tout à fait je tiens à dire que je suis honoré de faire partie de la promotion de Gwénola, la première joueuse célébrée, qui représente beaucoup pour le hockey féminin. 

Gwénola Personne : Et bien, merci ! De mon côté, cela me fait aussi énormément plaisir d’être dans la même promotion que Pierre. Je l’avais déjà dit à l’occasion de la finale du championnat de France féminin 2017, où il coachait l’équipe de Chamonix, mais quand j’étais jeune, Pierre était l’un de mes héros ! Je voudrais aussi remercier ma famille et mes proches pour leur soutien inconditionnel qui m’ont permis et me permettent encore de pratiquer ma passion.

*Interviews réalisées par téléphone les lundi 28 et mercredi 30 juin.

 


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