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A.Texier : « C’est notre heure »

09 Juil 2024 12:05   /   A LA UNE, EQUIPES DE FRANCE

 

Nouveau joueur des St Louis Blues en NHL, Alexandre Texier se confie sur ce transfert et affiche sa détermination à quelques semaines du Tournoi de Qualification Olympique des Bleus à Riga.


Que ressens-tu quelques jours après ta signature chez les Blues de St. Louis ?

Je suis hyper content d’avoir signé deux ans avec les Blues ! C’est une nouvelle aventure qui me procure beaucoup d’excitation.

Peux-tu nous raconter comment s’est fait ce transfert ?

Très rapidement, en une après-midi (rires). Colombus a décidé de m’échanger et St-Louis était vraiment intéressé par mon profil. Après des discussions avec mon agent, ils nous ont proposé une offre de deux ans que j’ai tout de suite acceptée. C’est une franchise qui a gagné la Coupe Stanley récemment et qui a loupé de peu les playoffs l’an dernier, donc c’est une grosse organisation. Avec une équipe comme ça, l’objectif sera forcément de rejouer les playoffs et même de regagner la ligue. Je suis très heureux de cette signature.

Qu’aimerais-tu apporter à l’équipe ?

Je pense que ma vitesse peut être un atout pour l’équipe, ainsi que ma polyvalence. Je suis capable de jouer au centre comme à l’aile, en powerplay comme en penalty kill. Ça va dépendre des besoins et demandes du coach…

En t’engageant à St Louis tu bascules sur la Conférence Ouest.

C’est sûr que ce sera nouveau puisque je n’ai connu que l’Est avec Colombus, mais j’ai déjà joué dans toutes les villes donc ça ne devrait pas être un bouleversement non plus. J’arrive en terre inconnue, dans une nouvelle équipe. Je vais prendre tout ce qu’il y a à prendre !

Tu avais besoin de ce changement après presque cinq ans à Colombus, que tu as rejoint en 2019 ?

Oui et non puisque ce n’était pas vraiment entre mes mains. La NHL est un monde de business aussi, où tout va très vite. On ne sait jamais trop à quoi s’attendre. Je ne m’attendais pas à être échangé comme ça, en un appel, mais finalement je suis hyper content. Je ne pense pas qu’il y ait de bons ou de mauvais moments pour partir, ça s’est juste fait naturellement. Je garde un super souvenir de Colombus, où j’ai passé de très belles années.

Justement, quel souvenir en gardes-tu ?

J’ai un peu tout connu avec les Blue Jackets… Je garderai en tête la draft d’abord, et plein de bons souvenirs comme les playoffs contre Tampa Bay peu après mon arrivée. On a connu des hauts et des bas, des saisons difficiles mais aussi des playoffs au début. Je suis arrivé là-bas assez tôt donc j’ai pris plein d’expérience. À 24 ans je suis encore jeune, je vais encore mûrir et apprendre des meilleurs à St Louis.

Tu sors de ta première saison pleine en NHL, avec 78 matchs joués pour 30 points. Comment l’as-tu vécu ?

Ça s’est bien passé, j’ai pu jouer la quasi-totalité des matchs alors je suis content. J’ai eu un été 2023 sans blessure, donc j’ai pu me focaliser sur mes entraînements sans me soucier d’autre chose et ça a payé sur la saison. J’ai eu des hauts et des bas, quelques pépins physiques, mais j’ai su maintenir un certain niveau et jouer tous les matchs à plus ou moins 100%. Je vais travailler encore plus fort cet été pour arriver en pleine forme au camp d’entraînement des Blues.

L’un des 12 buts marqués par A.Texier cette saison

Comment vis-tu le l’enchaînement des matchs, particulièrement intense, en NHL ?

C’est la seule ligue avec autant de matchs je pense. Entre les matchs tous les deux jours et les longs trajets vers le Canada ou les US, c’est hyper intense. On est souvent dans les avions finalement… La récupération est très importante. Avec l’expérience et la maturité, on sait mieux gérer son corps et faire attention avant les prochains matchs. Connaître son corps et s’ajuster en fonction du rythme des rencontres, c’est la clé pour moi à ce niveau-là. On s’entraîne très fort l’été, deux fois par jour, pour pouvoir chercher un rythme d’entraînement plus élevé qui nous permet d’être prêt pour le début de saison.

Tu te trouves plus sérieux sur la récupération maintenant ?

Je peux encore plus progresser, mais c’est sûr que je fais bien plus attention qu’au début de ma carrière. Quand on est jeune, on suit le rythme sans trop faire gaffe aux petits détails. Mais 82 matchs, c’est long. J’ai beaucoup appris de mes blessures. Maintenant je connais mieux mon corps : je sais par exemple que j’ai besoin d’extra, ou de faire ma routine quand ça va moins bien. Et quand ça va bien aussi d’ailleurs, car quand tout va on a tendance à moins bien faire les choses. Depuis que j’ai intégré ces routines dans ma saison, mon été et mêmes dans mes vacances, j’ai vraiment diminué les blessures. Ça me permet de m’entraîner à 100%.

Le rythme de la saison ne laisse que peu de places pour les entraînements…

On fait pas mal de tactique avec énormément de vidéos. Mais c’est vrai que dans la saison, on n’a pas beaucoup d’entraînements. C’est aussi pour ça que le camp de pré-saison est long, avec deux-trois semaines de camp à presque 70 joueurs. Plus la saison avance, moins on a d’entraînements pour laisser les joueurs récupérer.

Alexandre Texier au Mondial 2023 (Crédit : X.Lainé / FFHG)

Ton contrat signé, tu peux maintenant te tourner clairement sur le TQO.

C’est mon prochain objectif ! Je serai à 100% à Riga. On a tous les têtes rivées sur ce tournoi. Nous serons au complet cette année, avec une bonne préparation estivale pour tout le monde. Tous les joueurs sont sur la même page avec un même objectif : aller aux Jeux. On a hâte d’y être.

Dans une interview parue fin juin, Yorick Treille nous disait que le groupe devait intégrer le fait que c’était l’heure de l’équipe de France. Alors, Alexandre, c’est notre heure ?

C’est la nôtre ! On aura aucune excuse à trouver. On est passé à côté de beaux moments ces dernières années, mais je pense que ces défaites nous ont bien servi de leçons. On a beaucoup appris et maintenant c’est à nous de vivre ces Jeux. C’est entre nos mains, à nous de dicter ce tournoi et d’aller chercher cette qualification.

Malgré ta jeunesse, tu feras logiquement partie des leaders de cette équipe du fait de ton statut. Comment vis-tu ce rôle à 24 ans ?

Je ne change pas mon attitude ou quoique ce soit. C’est normal d’apporter l’expérience d’un joueur NHL au groupe. Sur ce genre de match, on en aura besoin. Pierre-Edouard Bellemare va aussi bien aider. On a un groupe rempli d’expériences différentes prises à droite et à gauche, c’est positif. Ce rôle ne me met pas de pression particulière, je suis prêt. Le leadership se fera sur la glace, car on peut parler des heures mais finalement ça ne se jouera que sur trois matchs. J’ai envie de dire que peu importe la manière, on doit aller chercher cette qualification.

L’équipe présente à Riga aura beaucoup de qualités.

Certaines générations vont sûrement arrêter après ça et à l’inverse des jeunes arrivent, donc on a un bon mix de joueurs tant sur les profils que sur l’expérience. Nous avons une super belle équipe. On est passé de peu à côté de la qualif’ il y a trois ans et on n’a pas envie de revivre ça. L’équipe a les armes pour se qualifier. A nous de faire le boulot, en se préparant bien cet été notamment, car on sait que personne ne va nous donner cette qualification.

Alexandre Texier au TQO 2021 à Riga (Crédit : X.Lainé / FFHG)

La compétition sera très courte avec trois matchs en quatre jours. Il faudra trouver ses marques rapidement, le tout avec un nouveau coach.

Les stages sont prévus pour trouver notre rythme justement. Les trois autres nations sont dans la même situation. L’enchaînement des matchs ne sera pas un problème car tout le groupe a l’habitude de gérer des back to back en club. Gardons en tête qu’il faudra être prêt tout de suite car aucun match ne sera facile.

Tu avais 3 ans lors de la dernière participation de l’EDF aux JO. On imagine que ce serait une grande fierté de remettre les Bleus sur la carte olympique…

Participer aux JO est un objectif pour tout hockeyeur et même tout sportif. On a envie d’y aller pour nous, pour le maillot et pour tout le hockey français. J’ai envie de les vivre avec ce groupe. Puis une participation aiderait beaucoup à faire parler de notre sport en France. Les Jeux et la Stanley Cup, ce sont les deux rêves de tout jeune hockeyeur. Je vais essayer de cocher cette nouvelle case. Et si on y va, il faudra performer et pas seulement figurer. Mais on n’en est pas encore là !

Que représente les Jeux Olympiques à tes yeux ?

J’étais trop petit pour vivre notre dernière participation donc je n’ai pas trop de souvenirs de hockey même si j’ai vu des images. Pour moi les JO, ce sont avant tout des émotions. Les athlètes, le village, tout à l’air incroyable. C’est unique à vivre dans une vie de sportif. On a les Jeux au bout de nos mains, donc « y’a plus qu’à » comme on dit.

Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour cette prochaine saison ?

Déjà une qualification olympique évidemment ! Et après faire une bonne saison avec St Louis, autant personnellement que collectivement, avec une qualification pour les playoffs. En fait, souhaitez-moi juste de vivre des grandes émotions tout au long de la saison, et dès août (rires).


Propos recueillis le 4 juillet

Calendrier des Bleus

Préparation au TQO à Sarpsborg (NOR)

  • Vendredi 23 août : Norvège – France (18h30)
  • Samedi 24 août : Norvège – France (14h40)

TQO à Riga (LAT)

  • Jeudi 29 août : France – Ukraine (15h00)
  • Jeudi 29 août : Lettonie – Slovénie (19h00)
  • Vendredi 30 août : France – Slovénie (15h00)
  • Vendredi 30 août : Ukraine – Lettonie (19h00)
  • Dimanche 1er septembre : Slovénie – Ukraine (12h00)
  • Dimanche 1er septembre : Lettonie – France (16h00)

Horaires en heure française*