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EDF. J.Addamo : « Un moment unique et incroyable »

01 Juin 2026 11:57   /   A LA UNE, EQUIPES DE FRANCE

 

Récent vainqueur du championnat finlandais avec Tappara, Justin Addamo revient sur son premier titre en professionnel, au bout d’un scénario « incroyable ». L’attaquant des Bleus évoque aussi l’équipe de France et l’expérience des Jeux Olympiques, un rêve devenu réalité.


Crédit : Xavier Lainé / FFHG

Comment te sens-tu à quelques semaines de ton premier titre ?

Bien ! Physiquement je récupère, c’était intense (rires). Je suis très content d’avoir vécu cette expérience d’aller au bout des playoffs, avec des hauts et des bas, et de finir sur un titre. C’est incroyable, une grande fierté pour moi. J’ai eu de la chance de pouvoir rejoindre cette équipe en cours de saison !

Ce titre de champion était dans un coin de ta tête lors de ta signature en février ?

Je savais que c’était une équipe qui candidatait pour le titre, vu qu’elle était première pendant toute la saison régulière. Dès qu’il y a eu les premières discussions en rentrant des Jeux Olympiques, ils m’ont confirmé leur objectif, et cela m’a motivé encore plus à rejoindre le club. Ce n’est pas tous les jours qu’on peut rejoindre une équipe armée pour jouer le titre. C’était une décision facile à prendre (rires).

Ce titre a été difficile à obtenir, avec un succès en match 7 face à KooKoo (2-1). Raconte nous cette incroyable fin…

C’est particulier de finir en match 7 ! D’un côté cela reste un match « comme un autre », car avec le rythme des playoffs, on est dans une bulle. Mais de l’autre, quand tu prends du recul, tu te dis que c’est la dernière des dernières et que tu n’as pas le droit à l’erreur… C’est un mélange d’émotions particulier, car cela restait un match de hockey quoiqu’il arrive, et en même temps l’enjeu était énorme. Individuellement, j’avais du « bon » stress, j’avais à cœur de bien finir. C’était nouveau pour moi, autant la finale que de finir en match 7. Tout s’est bien passé à la fin alors j’ai bien aimé être dans cette position.

Beaucoup de joueurs ne vivront jamais l’émotion d’un sacre en match 7.

C’est clair, c’est le scénario ultime. Match 7, à domicile, après un tel scénario, c’est le cadre parfait pour gagner un titre. Je ne sais pas si ça se reproduira, alors je suis vraiment heureux d’avoir vécu ce moment unique et incroyable.

Quel a été ton ressenti au moment de lancer les gants en l’air au buzzer ?

Au début tu sais que tu as gagné, tu cries, tu fais des câlins à tout le monde… mais tu ne prends vraiment conscience qu’après ! Quand le trophée est arrivé, c’est là où je me suis dit « on l’a fait ». C’est une grosse euphorie au début, et plus le temps passe, plus tu te rends compte de ce que tu viens de vivre. Ce n’est pas facile à décrire. C’est la consécration ultime de deux mois de playoffs !

Et même d’une carrière, non ?

C’est sûr qu’un titre en Liiga, ça récompense des années de travail. C’est aussi pour ça que je n’ai pas hésité à signer à Tappara en février, je ne pouvais pas passer à côté d’une opportunité de titre. Dans l’équipe, nous avions un Suédois qui vivait sa première finale après 15 ans de Hockey. On se dit toujours qu’il y a le temps, mais finalement le temps passe vite ! Je gagne un titre assez « tôt » dans ma carrière, après 4 ans en pro, et c’est une grosse chance et une fierté.

Tu as marqué le premier but de cette finale. Cela a dû être une délivrance pour toi qui n’avait pas encore marqué, et un signe positif pour la suite.

C’était mon premier but donc j’étais forcément content, à la maison en plus ! Ça m’a fait du bien au niveau personnel, même si on perd le match derrière. Ce but m’a donné de la confiance au bon moment, je me suis dit « ça y est, j’y suis ». C’était un petit coup de boost toujours bon à prendre.

Au final, tu n’as marqué « que » deux buts, inscrits dans le premier match de la finale, avec Tappara. Qu’est-ce qui t’as manqué pour scorer plus ?

Même si je peux apporter offensivement, Tappara ne m’a pas pris pour ça. Je devais jouer face aux grosses lignes adverses, avec un rôle assez défensif, mais tout aussi important pour gagner. Ce n’est pas un manque de volonté, il y avait d’autres joueurs très performants qui avaient la charge de marquer.  Sur le premier match de la finale, j’ai eu de la réussite en zone offensive et finalement on a perdu. Peu importe les statistiques, le titre de champion est le plus important.

 

Comment juges-tu ta première partie de saison à Jukurit, avec 13 points dont 6 buts en 44 matchs ?

Plutôt bonne ! Je revenais d’une grosse blessure donc j’ai mis un peu de temps avant de me sentir à 100% sur la glace, en plus du changement de championnat et de club, avec tous les nouveaux repères à prendre. La période d’adaptation a été plus longue que souhaitée, mais il fallait passer par là. A Jukurit, nous avions une équipe très jeune qui a dû batailler toute la saison, avec des hauts et des bas. Sur le plan individuel, j’ai essayé d’être un leader pour les jeunes en faisant les choses correctement, notamment en restant dans le système instauré par le coach. J’espère faire mieux la saison prochaine, notamment dès la reprise, mais le bilan de cette première année avec Jukurit est plutôt bon.

Que penses-tu de la Liiga ?

C’est une ligue de haut-niveau, avec un jeu rapide. J’apprécie la philosophie globale des clubs et comment le hockey est approché ici. C’était top comme première année.

Tu as dû adapter ton jeu à ce hockey de vitesse ?

Je n’ai pas changé ma manière de jouer, mais j’ai dû m’adapter un peu, oui. Je ne suis pas le plus explosif au démarrage, mais une fois lancé ça va (rires).

Tu apprécies la vie finlandaise ?

Oui, très. La culture est cool. Les gens sont très réservés mais aussi très polis. L’ambiance est calme, c’est agréable. Il faut s’adapter au manque de lumière en hiver, ce n’est pas facile au début (rires). C’est un beau pays et je suis content d’y vivre pour jouer au hockey.

Quelle est la suite pour toi désormais ?

J’ai encore une année de contrat à Jukurit, donc je me focus sur la saison qui arrive, qui sera très importante pour la ligue finlandaise. Ce sera une saison « historique » avec le changement de formule (ndlr : la Liiga va passer de 16 à 14 équipes, avec une saison de transition à 17 ou 18 clubs en 2026-2027). Les places vont valoir chères puisqu’il y aura plusieurs relégués. Je suis content de retrouver Louis Boudon pour vivre cette saison ensemble et travailler au mieux.

Tu te fixes des objectifs avant chaque début de saison ?

Je n’aime pas me focaliser sur les statistiques car après elles ne viennent pas (rires). L’année prochaine, j’aimerais surtout jouer toutes les situations avec Jukurit, être un joueur clé de l’entraîneur et avoir beaucoup de minutes importantes. Et performer avec l’EDF, quelque soit mon rôle, pour faire remonter l’équipe au Mondial 2027.

Tu as croisé des Français tout au long de la saison sur les glaces de Liiga, entre ton grand ami Boudon, Gallet, Fabre, Bertrand ou encore Boscq. Que penses-tu de l’arrivée des Français en Liiga, et pourquoi ce style colle bien à nos joueurs ?

C’est difficile de répondre car on a tous des profils différents. Notre point commun, c’est surtout qu’en plus d’être Français, on est surtout des bons joueurs de hockey (rires). Chacun a ses qualités et apporte quelque chose important dans son équipe. Dylan Fabre, très rapide et bon offensivement, a signé à Tappara, Hugo Gallet est un très bon défenseur à KalPa depuis plusieurs années… La Finlande attire puisqu’il y a des exemples de réussite, et cela joue sur les potentiels joueurs qui veulent venir.

Tu es content de croiser tes compatriotes tout au long de l’année ?

Croiser les copains reste toujours un plaisir. Quand on joue chez l’un ou chez l’autre, on s’invite souvent manger la veille de match. C’est toujours sympa de discuter avant de s’affronter sur la glace. C’est cool qu’on soit un bon petit nombre là-bas !

 

Les Jeux Olympiques : un rêve devenu réalité

 

Avant le titre, tu as vécu un autre grand moment de ta carrière : une participation aux Jeux Olympiques. Que retiens-tu de ces 15 jours ?

Une dinguerie ! On s’est vite replongés dans le quotidien de club, donc je n’ai pas pu encore bien réaliser. Peut-être d’ici quelques mois ! J’ai plein de souvenirs qui reviennent quand je regarde les photos. Jouer ces équipes avec ces joueurs légendaires, qui marquent le hockey depuis tant d’années, c’est juste incroyable. Quelle expérience…

La Cérémonie d’ouverture était aussi un grand moment.

Le stade rempli, la cérémonie magnifique, être au milieu de tout ça… c’était fou ! En plus, nous sommes passés en avant-dernier, juste avant les Italiens. D’habitude tu regardes à la télévision, et là t’y es, en plein dedans, tu fais partie des Jeux Olympiques. Ce sont des souvenirs pour la vie.

C’était un rêve d’enfant ?

Comme tout athlète je pense, que ce soit d’été ou d’hiver. Personnellement, je regarde à chaque fois. Cette compétition représente le graal dans la grande majorité des sports, mis à part le football. Quand on entend Jeux Olympiques, ça parle à tout le monde. D’y participer en représentant son pays est une consécration immense. C’est un rêve qui est devenu réalité. J’espère faire partie de l’expérience en 2030.

D’ici là tu auras plus d’expérience et de maturité, et peut-être un rôle plus important dans cette équipe de France.

Je me le souhaite ! Je vais tout faire pour participer et avoir un rôle important en 2030. Jouer les Jeux Olympiques, c’est déjà incroyable, alors à la maison… Ils sont déjà dans un coin de ma tête, même si c’est encore un peu loin.

Justement, comment on fait pour se préparer à un objectif aussi lointain ?

C’est cliché, mais il faut prendre les jours les uns après les autres. Avant 2030, on aura des Mondiaux. Et en te préparant quotidiennement pour être bon dans ces Mondiaux, tu te prépares automatiquement pour la suite. Travailler sur le court terme paye à long terme. Je sais que ce que je fais maintenant servira dans quatre ans.

Justin Addamo lors du Mondial 2024 (crédit : Xavier Lainé / FFHG)

Tu as suivi, de loin, l’équipe de France au Mondial D1A de Sosnowiec ?

J’ai pu tout regarder sauf le dernier match, car on jouait en même temps ! C’était difficile de voir mes coéquipiers jouer sans pouvoir aider, déjà que j’avais loupé le Mondial 2025 à cause de ma blessure. J’étais derrière les gars à fond. J’ai hâte de revivre un Mondial avec ce groupe et de performer ensemble.

Même si tu ne l’as pas vécu, quelle leçon gardes-tu de ce tournoi ?

On avait un groupe jeune et cette expérience servira forcément pour la suite. Certains joueurs ont arrêté, la relève arrive, et ce renouvellement prend parfois du temps. Il faut garder les bons côtés, et se dire que cela va poser les bases pour les prochaines années. On sait désormais ce qu’il faut faire et ne pas faire. Les présents de cette année pourront justement amener leur expérience de ce niveau et de ces adversaires à l’ensemble du groupe l’année prochaine.

Quel est ton programme jusqu’à la reprise de la saison ?

Je reprends ce lundi 1er juin la prépa physique, puis la glace sur Rouen début juin. J’attends mon premier enfant au milieu de l’été, donc ça va aussi être un gros évènement de mon intersaison ! Je repars en Finlande au 1er août pour lancer la saison ensuite.

Que peut-on te souhaiter pour la saison prochaine ?

Que la famille soit en bonne santé, déjà. Puis de la réussite sportive, autant en club qu’en sélection, avec notamment une montée en Élite !


Justin ADDAMO, en bref

  • Né à Clermont-Ferrand le 27 mai 1998 (28 ans)
  • Carrière en Bleus : 2 Mondiaux (12 matchs, 5 points), 1 participation aux Jeux Olympiques (4 matchs, 2 points)
  • Carrière professionnelle en club : Wheeling Nailers (ECHL, USA ; 2022-204); Ocelari Trinec (Extraliga, CZE ; 2024 – 2025), Jukurit (Liiga, FIN ; 2025 – ?), Tappara (Liiga, FIN ; 2026)
  • Palmarès : Vainqueur de Liiga (2026)