La Ligne Bleue N°30 - Portrait. Christine Duchamp.

Publié le mardi, 02 août 2016 10:00

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Portrait. Christine Duchamp. "Il faut Plus de joueuses !"

Joueuse puis entraîneure, Christine Duchamp est une habituée des patinoires depuis son plus jeune âge. Capitaine de l’Equipe de France avec 141 sélections, elle devient en 2004 la première femme à évoluer dans le championnat français masculin de Division 1, avec le Hockey Club de Cergy-Pontoise. Aujourd’hui Directrice Technique Nationale adjointe, son rôle et ses responsabilités ont changé, mais pas sa passion pour le Hockey.  Interview de Christine Duchamp, figure du hockey féminin.


Christine, vous êtes une référence pour le hockey sur glace féminin en France, racontez-nous vos débuts.
 
J’ai commencé sur la patinoire naturelle de mon village, à Saint-Bonnet-en-Champsaur, à côté de Gap, mes parents étaient très impliqués dans l’association qui gérait la patinoire, ma maman en était la présidente. J’ai suivi mon grand frère qui avait décidé avec quelques copains de créer une équipe. C’était LE sport n°1 à l’époque, tout le monde allait voir les matches de l’équipe de Gap ! Et puis c’était une activité que l’on pratiquait à l’école comme le ski alpin ou le ski de fond. Rapidement, j’ai rejoint l’équipe féminine de Gap, avant de me rendre à Lyon pour mes études puis à Cergy.
J’ai tout de suite accroché à ce sport, pour toutes les émotions qu’il m’a procurées avec ses règles du jeu, sa vitesse, son intensité physique et l’agilité qu’il nécessite. La dimension collective du Hockey m’a également séduite, tant au sens tactique du terme que du sens social.
 
Quelle est votre opinion sur la pratique féminine du hockey sur glace ?

La question en France se pose bien plus à mon sens sur la place de la femme dans le sport, voire dans la société. Et si tout n’est pas encore parfait, elle a énormément évolué surtout depuis la fin des années 1990, et particulièrement dans le hockey. Au-delà des différentes mesures prises à l'égard de la mixité (sous-classement par exemple) et de l’évolution certaine de notre société, je pense que le hockey a bénéficié d’une influence Nord-Américaine et d’Europe du Nord – des pays bien plus avancés que nous sur la place des femmes dans le sport ! – qui a réussi à faire évoluer les mentalités.
En parallèle, l’image du sport féminin s’est bien améliorée ces dernières années et notamment l’image des sports collectifs : le hand, le foot, le basket et plus récemment le rugby, ont commencé à tracer le chemin, avec de très bons résultats pour leurs équipes nationales. Une qualification aux Jeux Olympiques de nos Bleues nous aiderait c’est certain, mais il ne faut pas négliger le travail au sein des clubs, encourager les dirigeants à compter sur des femmes dans leur organisation et valoriser leur implication. On voit que l’exemple de l’Olympique Lyonnais en foot et l'intérêt d'Aulas pour la pratique féminine ont contribué à changer les mentalités. C’est un aspect primordial pour que toutes les jeunes filles (et leurs parents) puissent envisager le hockey comme une possibilité pour elle : pour recruter encore plus de joueuses, et pour qu’elles se sentent bien dans nos clubs en France.

Après avoir passé plus de 8 ans à entraîner l’équipe nationale féminine vous travaillez aujourd'hui en tant que DTN adjointe dans les bureaux de la Fédération. Quel est votre rôle personnel au sein de la FFHG ?

Mes missions sont assez variées au sein de la Direction Technique Nationale (DTN) : je seconde le Directeur Technique National, Gérald Guennelon, sur l’ensemble des dossiers de la DTN, mais je suis plus particulièrement en charge du suivi des structures qui s’inscrivent dans le Parcours d’Excellence Sportive (PES). Je suis aussi manager des équipes de France masculines moins de 16 ans et moins de 18 ans. Evidemment je reste proche du Hockey Féminin et j’ai la charge de son suivi. Je fais aussi partie de la commission féminine de la FFHG et du Comité féminin de la Fédération Internationale de hockey (IIHF).


Quelles sont les actions que vous avez mises en place depuis votre arrivée ?

Je suis entrée à la Fédération en 2000, du temps de la Fédération Française des Sports de Glace (FFSG). J’ai travaillé en étroite collaboration avec Corinne Dogémont, alors Présidente de la Commission Féminine et Renaud Jacquin, qui était Directeur Sportif du Hockey au sein de la Fédération. Nous avons notamment été à l’origine de la réforme de la mixité et des sous-classements, de la création d’un collectif France Espoir (devenu ensuite l’Equipe de France U18) et du stage fédéral féminin, actions mises en place en 2003.
A la création de la fédération en 2006, j’ai repris, à l’aide de Daniel Goury alors DTN Adjoint, le projet de création d’un Pôle France que nous avions élaboré en 2002, que nous avons réussi à ouvrir en 2008.


Que pensez-vous des Journées Portes Ouvertes (JPO) et du Plan National d’Animation et de Développement (PNAD) qui sera lancé la saison prochaine ?

Le recrutement des joueuses est primordial pour l’avenir de notre discipline, le projet des JPO est donc LE projet majeur pour le développement de la pratique féminine. A chaque fois que l’on conduit une réflexion sur les actions à mettre en place pour le développement de la pratique féminine quelle qu’elle soit (compétition, loisir, développement ou haut niveau), on en revient toujours au même constat : il faut plus de joueuses !

Nous souhaitons vivement que cette action prenne plus d’ampleur, que l’on suive les pas de la Finlande (passée de 2500 joueuses à 4000 en 5 ans grâce à cette action). Mais, à mon grand regret, celle-ci ne décolle pas vraiment en France alors que c’est une action phare… Mais pour qu’elle ait des chances de bien fonctionner, il faut qu’elle soit l’outil d’une politique du club, une réelle volonté d’avoir des jeunes filles en son sein. Même si aujourd’hui, les filles sont bien acceptées dans les clubs, il s’agit de passer à l’étape d’après, celles où elles deviennent un objectif de recrutement pour les clubs au même titre que les garçons… et pour cela, il reste encore un peu de chemin à parcourir.
Quant au PNAD, il s’inscrit dans la continuité des JPO. Dans le hockey sur glace, il y a un énorme turn-over chez les petits, le PNAD agit donc sur la fidélisation des jeunes filles spécifiquement.
Pour le recrutement comme pour la fidélisation, certains clubs ne se sont pas engagés dans ce travail car ils organisent des actions mixtes. J’espère que d’ici quelques années, ce sera suffisant, mais aujourd’hui, il est encore primordial d’organiser des actions ciblées : à l’heure actuelle, notre sport a encore une connotation masculine pour les jeunes filles et leurs parents. Lorsque l’action est réservée aux filles, l’approche est différente.

Un dernier mot : si cela ne tenait qu’à vous, quelles actions mettriez-vous en place?

Je dois dire que nous avons eu la chance depuis la création de la fédération d’avoir eu la confiance de nos dirigeants et nous avons pu mettre en place toutes (ou presque) les actions qui nous semblaient favoriser le développement de notre discipline. Mais jusqu’ici, toutes ces actions n’ont servi qu’à rattraper les autres nations, ou à ne pas se faire distancer, même si nous commençons à récolter les fruits de ces 10 ans de travail avec les performances historiques des 2 collectifs féminins. En effet, les senior ont terminé à la 10ème place des championnats du monde cette année (2ème division 1A) et les U18 à la 8ème place (8ème du mondial élite) !
La question serait alors plutôt : Qu’est-ce qu’on peut faire de plus que les autres pays ? Quelle action innovante pourrait nous permettre de passer un nouveau cap ? Je n’ai malheureusement pas trouvé l’idée géniale pour répondre à cette question !

L’an dernier, nous avons tenté de recréer du lien entre les anciennes joueuses de l’Equipe de France. Nous les avons alors réunies pour la première fois lors du Championnat du Monde de Rouen. 40 joueuses ex-internationales ont fait le déplacement ! Outre la reconnaissance de la FFHG, l’objectif est de créer un réseau, de remobiliser les anciennes internationales, de solliciter leur compétences, leur passion, leur expérience pour les impliquer dans les clubs de hockey. Le prochain rendez-vous pour elles est prévu…lors du Mondial 2017 à Paris !

 

 

Modifié le mercredi, 03 août 2016 09:55
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