La Ligne Bleue N°34 - Le club de Nîmes renait de ses cendres

Publié le vendredi, 08 décembre 2017 13:55

Retrouvez l'ensemble des actualités de la Newsletter fédérale, datant du mois de décembre 2017.

Divers. Le club de Nîmes renait de ses cendres

Privés de glace depuis l’incendie de leur patinoire au mois d’octobre 2004, les hockeyeurs de Nîmes auront dû patienter pendant treize longues années avant de recevoir enfin un beau cadeau de Noël. En effet, le 22 décembre prochain, une nouvelle patinoire flambant neuve ouvrira ses portes, route de Sommières, au même endroit que l’ancienne. Les dimensions plutôt modestes du nouvel ouvrage (piste 56x26 et gradins de 300 places) n’ont pas entamé l’enthousiasme des amateurs de patinage car, comme dit le proverbe, « qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse !» Les joueurs de la ville du Gard, surnommés les « Krokos », sont ravis de pouvoir disputer bientôt leurs matches à domicile après avoir été contraints de débuter le championnat de la Division 3 (poule D) en jouant uniquement chez leurs adversaires. L’histoire, ô combien particulière, du club de la cité romaine française va donc pouvoir reprendre son cours normal avec cependant une grande particularité…

Mais avant d’aborder le contexte pour le moins atypique dans lequel se trouve aujourd’hui le nouveau club sudiste, il faut rappeler que la présence au centre-ville de Nîmes des célèbres arènes romaines et les traditionnelles férias de Pentecôte et des Vendanges, ont eu semble-t-il un effet de mimétisme sur l’histoire du club gardois de hockey sur glace. En effet, dès l’inauguration de la première patinoire en 1972, les hockeyeurs nîmois ont évolué en permanence dans une ambiance « festive » qui n’était pas sans rappeler parfois celle des corridas…

L'équipe de Nîmes en 1979Le contexte animé dans lequel s’est retrouvé le club de Nîmes dès sa création est dû à la conjonction de deux phénomènes locaux. Tout d’abord, il y a la personnalité très « pittoresque » de Marcel Bagur qui fut le premier gérant de la patinoire. Un personnage inoubliable ! En effet, ce sympathique rapatrié d’Algérie, tout en rondeur et à la faconde méridionale, s’est découvert une passion dévorante pour le hockey sur glace. A tel point qu’il s’est rapidement transformé en un bouillant président « franc-tireur » qui a laissé un grand souvenir à tous ceux qui l’ont côtoyé. On reparle encore de son fameux « transfert du siècle » puisque le président du modeste club de troisième division réussit à faire venir le renfort américain Joe Fidler qui était pourtant dans le championnat élite la grande star du club de Tours à l’époque ! Après le départ de Marcel Bagur, un nouvel acteur assez particulier s’est retrouvé propulsé à son tour aux commandes du Nîmes Hockey Club avec l’homme d’affaire Alain Moula. Ce jeune président, âgé de 30 ans seulement à l’époque, était un personnage très célèbre localement car propriétaire de plusieurs night clubs et d’une grande brasserie du centre-ville. Bref, là encore les anecdotes savoureuses ne manquent pas…

Si la longue traversée du désert de treize ans, provoquée par l’incendie de la première patinoire, a donc amené par la force des choses un retour au calme dans le club de Nîmes, elle n’a pas empêché cependant le club gardois, une fois ressuscité, de cultiver à nouveau sa grande particularité dans le hockey sur glace français. En effet, privés de leur piste de glace, plusieurs hockeyeurs nîmois avaient rejoint depuis quelques années l’association locale du « Kroko Roller » qui regroupait une école de patinage à roulettes et une section de randonnée en ville. Tous les entraînements se déroulaient dans le gymnase Condorcet qui se trouve situé à 200 mètres seulement de l’emplacement de la nouvelle patinoire dans le quartier Pissevin. Entre-temps, au mois de mai 2001, c’est Jerry Canal, cadre administratif au ministère de la défense, qui devint le nouveau président du club Kroko Roller. Ce dernier raconte les circonstances assez particulières qui ont permis la renaissance du hockey sur glace dans la ville de Nîmes : « Parmi les jeunes de notre association, il y en avait qui jouaient au roller mais aussi au hockey sur glace dans la ville voisine de Montpellier. Lorsqu'en 2016 le maire de Nîmes, Jean-Paul Fournier, a annoncé par surprise dans la presse locale la construction d’une nouvelle patinoire, nous avons pensé que c’était l’occasion de créer pour la première fois en France une synergie entre deux disciplines qui sont cousines en les regroupant dans une même association. C’est la raison pour laquelle nous avons transformé les structures de notre club de roller pour l’appeler désormais « Kroko Sports ». Autrement dit, nous avons créé un nouveau club omnisports qui regroupe désormais dix sections au total puisque le hockey sur glace, une école de patinage sur glace et le patinage artistique sont venus s’ajouter aux sept autres déjà existantes parmi lesquelles il y a notamment le roller hockey, le slalom, le derby, les courses de randonnées, l’école de patinage roller et le freestyle. »

Au mois de septembre 2016, soit plus d’un an avant l’ouverture officielle de la nouvelle patinoire, le président Jerry Canal et ses amis, anticipèrent l’intégration prochaine du hockey et cette cohabitation atypique avec le roller en recrutant l’entraîneur de hockey sur glace Raphaël Facchini qui devint donc le directeur sportif du Nîmes Kroko Sports. Ce dernier raconte : « A cette époque, j’avais démissionné de mon poste de directeur technique du club de Lyon pour venir prendre en charge pendant trois ans celui des Vipers de Montpellier. Mais deux jours seulement avant le début de mon contrat, le club pro de l’Hérault a malheureusement déposé son bilan… Du coup, à la fin du mois de juillet, j’étais sans travail après m’être installé à Lunel près de Montpellier. Comme Jerry Canal avait entendu parler que j’étais disponible, il m’a contacté et m’a proposé de me lancer dans l’aventure à Nîmes… »

C’est ainsi que pendant un an, de septembre 2016 à septembre 2017, Raphaël Facchini devint d’abord l’entraîneur de l’équipe nîmoise de roller-hockey comme cela avait été déjà le cas à Montpellier quelques années auparavant. Pendant ce temps, en coulisses, le président Jerry Canal, la vice-présidente Isabelle Was et Raphaël Facchini organisèrent ensemble la transformation administrative et juridique du « Kroko » en club omnisports (Logo, statuts, affiliations, communication, etc…).

Les Krokos de Nîmes jouent en D3 cette saison Dès le mois d’octobre 2016, les dirigeants de Nîmes entrèrent en contact avec la Fédération Française de Hockey sur Glace pour lui faire part de leur projet de fusion pour le moins iconoclaste. Mais la FFHG fit remarquer qu’il existait déjà le « Nîmes Métropole Camargue Hockey Club » formé (encore une particularité nîmoise) uniquement par des arbitres qui s’étaient ainsi regroupés dans la ville du Gard pour être totalement autonomes dans leur association corporative. Toutefois, Geoffrey Barcelo, le président du NMCHC (qui vivait à Lyon), ainsi que ses amis arbitres ne furent pas insensibles à la construction de la nouvelle patinoire et ils acceptèrent rapidement, après avoir obtenu quelques garanties, de rejoindre le Kroko Sports. Le traité de fusion fut rapidement ratifié par courrier permettant ainsi l’affiliation du nouveau club omnisports de Nîmes à la FFHG au mois d’août 2017.

Sans plus attendre, la vice-présidente, Isabelle Was (une infirmière dont le fils Tristan jouait à Montpellier) qui était en charge de la section hockey sur glace au sein du Kroko Sports, décida d’engager une équipe senior dans le championnat de France de la Division 3. Les « Krokos », vêtus de leurs nouveaux maillots vert-noir-rouge (avec un logo représentant un crocodile mordant une crosse) se retrouvèrent ainsi lancés immédiatement dans la compétition en rejoignant, dès le mois de septembre 2017, huit autres clubs qui composent le groupe D. On notera que l’équipe nîmoise, dirigée par Raphaël Facchini, avec à ses côtés Benjamin Fontaine pour assurer la logistique, est une sorte de « melting pot » composé à la hâte avec des joueurs venus d’horizons divers mais qui ont tous la réelle volonté de relancer si possible le hockey sur glace dans la ville romaine. Ajoutons que le nouveau club de Nîmes a pu également former plusieurs équipes dans le hockey mineur (U11, U13, U15) mais en association avec le club voisin d’Avignon. Quant aux jeunes hockeyeurs U17 élite, n’ayant pas règlementairement le droit de s’associer avec un autre club, ils jouent donc depuis le début de la saison uniquement sous les couleurs d’Avignon.
 


 


 (c) Photos : Christophe Nogues

 

 

Modifié le mercredi, 03 janvier 2018 15:57
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