Hockey féminin. N.Gaillard « Toute une vie de club qui s’y retrouve gagnante »

Publié le lundi, 30 juillet 2018 10:00

Nicolas Gaillard entraîne depuis deux saisons les équipes du hockey mineur du Hockey Club Morzine Avoriaz sous la direction de Loïc Gaydon. C’est grâce à leur implication que l’an dernier, le Club de Morzine a reçu la première attestation et encore unique à ce jour « Il donne des elles au Hockey » décernée par la Fédération en reconnaissance de son action envers les équipes féminines. Et en particulier pour avoir créé la première équipe U9 féminine de France.

Equipe U9 Féminine de Morzine Equipe U9 Féminine de Morzine

Au sein du HCMA, Nicolas Gaillard s’occupe de l'école de hockey, des U7 et U11. De son côté, Loïc Gaydon est en charge des U9 et U13, ajoutés à certaines catégories du Hockey Club 74. Nicolas nous a expliqué comment son club a réussi à développer ses propres sections féminines en un an et demi.

« À la base, c’est par besoin que nous avons agi. Il n’y avait pas ou très peu d'enfants dans certaines catégories d'âge. Je me suis aperçu qu'il y avait pas mal de petites filles potentiellement intéressées par le hockey sur glace lors des animations sur lesquelles j'agissais. » C’est suite à cela que son club a commencé à travailler sur ce jeune public. Rapidement, il a constaté un énorme engouement. « On a maintenant une section féminine mineure et une section féminine adulte loisir avec environ 30 joueuses dans chaque section » ajoute-t-il.

« Alors, avec mon collègue, nous nous sommes posé la question : dans ce club, l'histoire du hockey féminin date-t-elle juste de l'année dernière où y a-t-il une antériorité qui pourrait expliquer ce phénomène ? »

En 1979, il existait une équipe féminine engagée dans le championnat de France. Actuellement, le club compte deux internationales : Clara Rozier, médaillée d'or au dernier Championnat du Monde senior organisé à Vaujany du 8 au 14 avril 2018 et Flavie Gaydon, internationale U18. 

« En U9, ajoute-t-il, on a potentiellement 18 joueuses, tout comme en U7. Au sein des équipes mineures (joueurs et joueuses nés entre 2004 et 2013) on compte 120 licenciés dont 30 filles, soit 25% de nos effectifs ! C’est, je crois largement au-dessus de la moyenne nationale (ndlr : qui est de 10,62 %) ».

Pour Nicolas, cette augmentation de licences féminines n’est pas venue d’une recette miracle, mais d’une très bonne connaissance du contexte local. Il est important, précise-t-il, de connaître l’histoire de son sport, la concurrence qu’il y a avec les autres sports, mais également les leviers et aides dont on peut bénéficier tant au niveau local que national. Les qualités humaines et compétences des bénévoles du club telles que s’investir pleinement, communiquer sur les bonnes valeurs, être pédagogue, soigner l’aspect relationnel jouent un rôle important. « On explique que ce n'est pas forcément un sport violent, mais une discipline qui développe la coordination, implique de la réflexion et stimule le dynamisme, que les filles et les garçons y sont sur le même pied d'égalité et que les leviers d'apprentissage sont les mêmes pour toutes et tous. »

 

 

Le club de Morzine a énormément investi sur la communication. Il y a eu la réalisation de flyers représentant « un joueur et une joueuse afin que tout le monde puisse s'identifier » mais également la mise en place de divers événements en plus des projets nationaux (ex : ramène ton/ta copain/copine, journées découvertes...), ou encore des activités proposées au centre de loisirs et dans le périscolaire.

Le principe du modèle féminin, pour que les jeunes joueuses sachent comment elles peuvent évoluer dans ce sport, est important pour ce club. « Clara et Flavie interviennent de temps en temps sur les matches, sur les entraînements et ce qui permet aux filles d'avoir un modèle. D'ailleurs, elles sont les marraines de ces équipes-là. » C’est un bon moyen de fidéliser les joueuses et de leur permettre de se projeter.

L’an dernier, le club de Morzine a réalisé un jeu de maillots pour ses équipes féminines, choisi par les joueuses. Le club a bénéficié de la générosité des parents de joueuses, qui ont financé la production dans sa totalité. Tout cela a entraîné un véritable engouement.

« Si j’essaie du prendre du recul, je ne tire que du positif de cette expérience. Je me dis qu'à force d’en parler, à force de communiquer, d'y croire, on peut vraiment récolter des choses merveilleuses. On a motivé les parents à nous rejoindre, il y a même des mamans qui sont venues nous demander de monter une section féminine adulte ! » précise l’entraineur. Cela a totalement modifié l’esprit et la vie du club qui n’a pas gagné que des licences, mais également des bénévoles et des soutiens. « Il y a des parents qui vont venir aider lors des entraînements, arbitrer, c'est toute une vie de club qui s’y retrouve gagnante. » ajoute Nicolas.

Questionné sur les problèmes rencontrés ou redoutés, le coach précise que justement le HCMA et la municipalité venaient de résoudre une situation délicate, le manque de vestiaire. Par ailleurs, le manque d’entraîneur va commencer à se faire sentir si le club continue à se développer ainsi, notamment pour les équipes féminines. Ils pensent intégrer de nouvelles formations dispensées par l'INF, axées notamment sur la pratique en mixité, Formations qui intègreraient également la question des liens avec les différents publics que sont les parents, bénévoles, dirigeant(e)s et arbitres.

Le matériel pose également problème, « il va falloir à terme du matériel adapté à la morphologie féminine. Ce qui n’est pas forcément le cas aujourd’hui. Par exemple, dans la communication faite sur l’équipement des féminines au Hockey sur Glace, les protections pelviennes ne sont jamais citées. Il est nécessaire d’informer les clubs, les pratiquantes et les parents sur cet équipement spécifique ».

« Il se passe vraiment quelque chose dans le hockey féminin aujourd’hui, c’est bien plus qu’un simple frémissement et ce n'est pas le moment de lâcher. Bien au contraire, nous devons redoubler d'efforts pour contribuer à son plein épanouissement. » conclut Nicolas.


Du 30 juillet au 3 août 2018 est organisée à Vaujany une formation sur la mixité, à destination des entraineurs. Nicolas Gaillard y tiendra une intervention le jeudi 2 août. Cette formation est organisée en parallèle du stage fédéral de hockey féminin, réunissant 123 participantes âgées de 8 à 17 ans, du 29 juillet au 10 août. 

Modifié le lundi, 30 juillet 2018 12:40
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