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LES FRATRIES EN EQUIPE DE FRANCE

 

Pour Yorick et Sacha Treille (photo), l’équipe de France est une histoire sportive que l’on vit en famille. Les deux frères grenoblois, sélectionnés ensemble pour la première fois lors du Mondial de 2007 à Qiqihar en Chine, vont en effet porter une fois encore le maillot tricolore pendant le Championnat du monde en Finlande.

Les deux renforts français du Sparta Prague poursuivent ainsi une longue tradition de « fratries » au sein de la sélection nationale. Celle-ci a commencé dès les Jeux Olympiques de 1924 à Chamonix lorsque deux hockeyeurs de la station alpine, Philippe et Calixte Payot, furent sélectionnés comme remplaçants dans l’équipe de France de hockey sur glace. Ces derniers devinrent titulaires quatre ans plus tard lors des J.O. organisés à Saint-Moritz en 1928.

Pendant le Championnat du monde de 1950 à Londres, l’attaquant de Chamonix René « mimi » Cailler se retrouva sur la glace avec son demi-frère Jean Pépin puisque ces deux hockeyeurs avaient la même mère prénommée Philomène. Plus d’un demi-siècle plus tard, on retrouva une situation identique avec Jonathan Zwikel et Luc Tardif unis également par le sang grâce à leur mère Dalila. Cette nouvelle fratrie internationale, formée en 2007, défendra ensemble nos couleurs pendant trois saisons.

Les deux frères qui connurent la plus longue longévité sous le maillot frappé du coq furent d’abord les Grenoblois Jean et Bernard Le Blond (photo). Ceux-ci évoluèrent ensemble dans l’équipe de France à partir du Mondial C de 1978 à Las Palmas aux îles Canaries avant de prolonger leur bail tricolore jusqu’en 1984 soit pendant sept ans. Il faudra attendre l’arrivée des jumeaux Maurice et François Rozenthal, lors du Championnat du monde de 1996 à Vienne en Autriche, pour que ce record soit battu puisque les deux inséparables formèrent un duo international pendant plus de dix ans jusqu’au Mondial de 2006 organisé à Amiens.

En revanche, la présence la plus courte de deux frères dans la sélection tricolore fut d’abord celle des Gapençais Bruno et Franck Saunier. Ayant espéré pendant longtemps d’être enfin unis au plus haut niveau, ils eurent la consolation de jouer ensemble pour l’unique fois de leur carrière internationale lors des Jeux Olympiques de Lillehammer en 1994. Quant à Benoît et Simon Bachelet, ils se côtoyèrent seulement pendant le Mondial de 2002 à Eindhoven aux Pays-Bas avant que les deux frangins continuent à défendre nos couleurs mais à tour de rôle. La dernière fratrie en date, celle formée en 2010 par Stéphane et Teddy Da Costa, aura la chance d’être à nouveau réunie pour la deuxième fois cette année en Finlande.

Il faut noter un cas particulier, celui des frères Maurice (photo) et Roger Chappot. En effet, lors du Championnat du monde de 1963 à Stockholm en Suède, on assista à un duel fratricide inédit puisque si Maurice défendait avec une grande conviction les couleurs de la France, son frère Roger, qui avait la double nationalité, défendit le maillot de l’équipe de Suisse. Concernant les J.O. de Grenoble en 1968, si le défenseur René Blanchard et l’attaquant Claude Blanchard portaient le même nom de famille, ils étaient en revanche uniquement des homonymes sans aucun lien de parenté.

Il y a eu également beaucoup d’autres frères sélectionnés en équipe de France senior mais ces derniers n’ont jamais pu disputer ensemble, soit les Championnats du monde, soit les Jeux Olympiques, certains d’entre eux n’ayant participé parfois qu’aux matches de préparation. Citons Daniel et Victor Huillier, Charles et Georges Libermann, Bruno et Pascal Margerit, Loïc et Yven Sadoun, Pierre et Bertrand Pousse, Brice et Luc Chauvel, Marc et Serge Djelloul, Jean et Marcel Claret, André et Armand Charlet, Frédérick et Mickaël Brodin, Martial et Raoul Couvert ou encore Christian et Jacques Vouillamoz.