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Lore Baudrit : « Une fierté et un honneur »

25 Août 2022 12:27   /   A LA UNE, VIE FÉDÉRALE, EQUIPES DE FRANCE

 

Nommée récemment capitaine de l’équipe de France féminine, Lore Baudrit nous a confié ses impressions vis-à-vis de cette nouvelle responsabilité. Elle évoque également la saison à venir dans son nouveau club de Linköping.


Lore, tu viens d’être nommée capitaine de l’équipe de France féminine, qu’est-ce que représente ce rôle pour toi ?

Être capitaine de l’Equipe de France est une fierté et un honneur pour moi. C’est quelque chose de fort lorsque tu es capitaine d’une équipe nationale. J’ai été assistante pendant longtemps mais avoir le «C» sur le maillot, c’est différent. Il n’y a pas eu beaucoup de capitaine en Equipe de France surtout ces dernières années. C’est un gros changement de génération qui nous attend avec un nouveau défi et un jeune groupe, que je suis ravie d’entourer.

Tu es arrivée dans cette équipe il y a 15 ans maintenant. Après plusieurs années en tant qu’assistante, tu es désormais capitaine de l’équipe de France, c’est la suite logique de ton parcours avec les Bleues ?

Je n’ai pas joué toutes ces années en Equipe de France pour être capitaine mais parce que j’aime le hockey et parce que je suis fière de représenter mon pays. Je pense que j’ai toujours eu ce côté de leader dans l‘équipe, c’est quelque chose qui me convient. Je veux essayer d’entourer les jeunes joueuses et d’apporter mon expérience.

Pour toi le « C » sur le maillot, c’est plus symbolique qu’autre chose ?

Mon nouveau rôle ne changera en rien la personne que je suis dans le vestiaire ni comment je suis avec le groupe. Je serai la même avec quelques responsabilités en plus. Je me dois d’être un exemple pour l’équipe même si je garderai mon côté « intense » (rires). Je vais essayer de garder cet aspect de moi, cela fait partie de moi.

Tu succèdes à Marion Allemoz qui a été un des piliers de cette équipe, qu’est ce que tu as appris de son rôle de capitaine lors de toutes ces années ?

Passer après Marion et ses 13 ans de capitanat, ce n’est pas une mince affaire. Si je devais retenir quelque chose, c’est son exemplarité et son travail. C’est quelqu’un qui a toujours été présente pour l’équipe. Quand tu as une capitaine comme cela, tu as envie de la suivre. Je veux continuer dans cette direction afin d’aider le groupe. On échange ensemble sur ce rôle puisque c’est la meilleure personne à qui je peux demander des conseils finalement.

Lore Baudrit et Marion Allemoz en pleine Marseillaise après la rencontre face au Pays-Bas lors du Mondial d’Angers (Crédit : Théo Bariller-Krine)

Tu as un souvenir en particulier du capitanat de Marion ?

 Je me souviens que lors d’un match de préparation en novembre 2018, six mois avant notre premier Mondial Élite, Marion se blesse au premier tiers et le premier diagnostic pendant le match laisse à penser que les ligaments croisés sont touchés. Tout le vestiaire était figé, certaines joueuses très émues par le fait que notre capitaine allait louper le Mondial. Cela montre tout le respect qu’avait le vestiaire pour Marion. Heureusement elle a finalement été arrêtée trois mois et a pu tenir sa place au Mondial. En plus de son charisme, elle savait trouver les mots pour dynamiser le groupe. À Espoo en 2019, on était un peu en-dedans dans les premiers matchs. Puis, sortie de nulle part, elle lance un cri de guerre « É-NER-GIE » à la reprise du T2 d’un match. Ça a bien marché et on l’a gardé ensuite. Je me souviens aussi qu’au début de ma carrière en Bleues, elle était systématiquement celle qui faisait basculer les matchs. Elle a tenu l’équipe sur ses épaules par ses performances lors du changement de génération en 2009. Elle avait beaucoup de qualités (rires).

Si tu devais décrire la capitaine que tu souhaites être ?

Je suis quelqu’un qui sait dire les choses. Je donne énormément d’encouragements à toutes les filles.  Quand il y a un moment difficile, je suis capable de regarder le groupe dans les yeux et d’hausser la voix. J’avais déjà ce rôle, il n’y aura pas de changements là-dessus. Je parle beaucoup et j’observe énormément pour m’assurer que le groupe vit bien, que ce soit sur la glace, sur le banc ou dans le vestiaire.

Quelles seront les rôles de tes assistantes (Chloé Aurard et Estelle Duvin) dans ce jeune effectif ?

On n’a pas encore parlé de cela ensemble mais les choses vont se faire naturellement je pense. J’ai un peu échangé avec les entraîneurs pour les différentes responsabilités qui devront être prises au sein du groupe. Les huit joueuses qui ont arrêté leurs carrières après Angers prenaient de la place dans le vestiaire et il a fallu recréer un noyau de leaders, maintenant il faut créer de nouvelles habitudes. Ce sera aussi à elles (Chloé et Estelle) de savoir quelles leaders elles veulent être dans ce groupe.

Estelle Duvin et Chloé Aurard seront les deux assistantes de Lore Baudrit (Crédit : Théo Bariller-Krine)

Tu deviens capitaine l’année où les Bleues remontent en Élite, quelles valeurs vont être importantes de communiquer à ton groupe dès le début de cette nouvelle saison ?

Le travail et la solidarité sont pour moi les deux points majeurs de cette saison. On connaît notre groupe élargi, il n’y aura pas de surprise sur les joueuses qui formeront l’équipe de France. Le maintien passera par de l’entraide constante et des efforts lors des entraînements. Il faut être exigeante au quotidien, parce qu’il y a les stages mais aussi ce que nous, les joueuses, nous faisons à la maison et dans les clubs.

Ce mondial se déroulera au Canada, le pays du hockey. On imagine que tout l’effectif attend ça ?

Ce sera particulier pour moi, j’ai vécu six ans au Canada et faire ce championnat du monde là-bas, c’est un rêve d’enfant. Maintenant, c’est à nous de le rendre encore plus beau en obtenant le premier maintien de l’histoire.

De ton côté, tu viens de quitter le club de Modo pour arriver à Linköping, peux-tu nous parler de ton arrivée et du club ?

Je me suis sentie très bien et je suis très contente d’arriver là-bas. C’est le club que j’avais ciblé pour cette saison. J’ai eu de super échanges avec la manager en juin. Cela fait du bien de sentir qu’ils te veulent et que tu veux aller dans cette équipe. J’arrive dans un club où il y a eu du changement cet été. Linköping a gardé un noyau de joueuses expérimentées tout en ajoutant 7 nouvelles recrues et un nouveau coach. Avec l’autorisation de la mise en échec en SDHL, cette saison s’annonce inédite.

Peux-tu nous parler de l’impact de cette nouvelle règle dans ton championnat ?

La SDHL va devenir le premier championnat féminin à autoriser les mises en échecs dès cette saison. Cela va accélérer les prises de décisions. Il y a des joueuses qui portaient beaucoup le palet, elles vont devoir le faire moins. Le rythme va augmenter avec cette nouvelle règle. Pour moi, c’est un avantage vu mon jeu. J’utilisais déjà beaucoup mon physique et cela va continuer (rires) !

Avec cette arrivée, tes objectifs vont-ils changer ?

Je voulais trouver une équipe qui a l’ambition de gagner le titre. Mon nouveau club a pour objectif de faire mieux que l’an passé (ndlr : demi-finale des playoffs) donc cela me va très bien. Personnellement, mes objectifs restent similaires. Je m’entraîne pour me donner l’opportunité d’être sur les deux premières lignes et jouer le powerplay et le désavantage numérique, mais je ne me fixe pas d’objectifs précis en terme de statistiques…

Comment te sens-tu avant de commencer ces nouveaux défis qui t’attendent ?

C’est la saison du renouveau ! Je vais avoir 31 ans et je repars sur deux nouveaux défis. Cela m’amène une énergie nouvelle que ce soit en club ou en Équipe de France. Je trouve que c’est enrichissant de pouvoir accompagner la nouvelle génération et de faire ce challenge avec elles. Je prends ça avec curiosité et positivité !

Propos recueillis le lundi 22 août


Lore Baudrit en bref :

  • Né le 11 octobre 1991 à Castres
  • Carrière en clubs : Neuilly-sur-Marne (2011-2012), Université de Montréal (CAN, 2012-2017), Montréal Canadiennes (CAN, 2017-2018),  IF Björklöven (SWE, 2018-2019), MODO (SWE, 2018-2022), Linköping HC (SWE, 2022-aujourd’hui)
  • Participation à tous les mondiaux de l’Équipe de France féminine depuis 2007.